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En direct de New Delhi, de Pékin et de San Francisco, nos chroniqueurs livrent chaque semaine leur regard amusé, admiratif ou critique sur la high-tech saveur locale.
Attestations, autorisations, sceaux rouge vif… la vie en Chine nécessite de nombreux contacts avec une administration publique surdimensionnée et digne d’un roman de Kafka. A 27 ans, Yang Dong a créé, il y a deux ans, une petite société informatique spécialisée dans le déploiement de services informatiques pour le secteur public et en particulier l’e-gouvernement. “ Les besoins sont énormes en Chine et les gens en ont assez de perdre du temps à faire la queue pour obtenir des documents officiels ou s’enregistrer auprès des administrations, explique-t-il. Nous proposons des solutions complètes avec création des réseaux et applications, gestion de la mise en ligne, sécurisation des données, etc. ”
Plus de formulaires en triple exemplaire ni de files interminables pour obtenir une licence ou un permis, l’administration chinoise mais aussi l’économie locale ont en effet besoin de l'e-gouvernement pour gagner en efficacité. Le partage des données permet également d’accélérer les procédures et d’optimiser les équipes de fonctionnaires.
Très enthousiaste au départ car bénéficiant du soutien des autorités centrales, le jeune informaticien Yang Dong s’est vite rendu compte qu’au niveau des administrations locales il n’était pas toujours le bienvenu. “ Nous avons fait des réunions d’information pour expliquer ce qui allait changer dans la pratique quotidienne des services. L’accueil s’est révélé glacial, en particulier avec les responsables des tampons officiels. Ils n’écoutent rien, refusent de nous fournir les archives, prétendent avoir des réunions pour éviter les formations aux différents logiciels… On perd un temps fou ! ”
Pour les fonctionnaires chinois, lâcher le contact direct avec les usagers, c’est avant tout perdre une source de revenus importante liée à ce que nous qualifions de corruption et qui est ici appelé “ relations ”(guanxi en mandarin). Invitations au restaurant, petits cadeaux, billets négligemment glissés dans les formulaires… c’est tout un système bien rodé que viennent bousculer les apôtres de l'e-gouvernement. Pour autant, Yang Dong se montre plutôt confiant : “ Ils vont trouver d’autres moyens d’arrondir leurs fins de mois, et le gouvernement central nous soutient car le pays a besoin d’une administration plus efficace. J’ai également trouvé une parade : j’invite systématiquement les responsables dans un restaurant de luxe dès le début ! ”
















