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Le .eu à l'assaut des villes européennes

L'usage des .eu diffère d'un pays à un autre. Je me suis intéressé à l'utilisation que les grandes cités du Vieux Continent font de l'extension européenne. Et si l'exemple venait d'en haut ?

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L'usage des .eu diffère d'un pays à un autre. Je me suis intéressé à l'utilisation que les grandes cités du Vieux Continent font de l'extension européenne. Et si l'exemple venait d'en haut ? Début 2009, la ville de Strasbourg a changé d'adresse et a délaissé son historique .fr au profit du novateur Strasbourg.eu. Un choix important, en adéquation avec le statut de capitale européenne de la préfecture alsacienne.
Je suis convaincu que c'est par la valeur de son usage que l'on peut apprécier l'intérêt d'une extension. Le choix du .eu pour Strasbourg entraîne une dynamique positive autour d'un TLD (top level domain, ' domaine de premier niveau ') encore boudé par les Français.

Strasbourg, l'étoile européenne

J'ai souhaité vérifier si le cas strasbourgeois était isolé en Europe. Commençons par la France. Historiquement (à l'échelle des noms de domaine, bien sûr), les villes françaises ne se sont pas précipitées sur l'acquisition de leur extension européenne. Pourtant, elles ont eu la priorité pour le faire.
Réminiscence de ces actes manqués, Paris.eu, Nice.eu, Bordeaux.eu ou Reims.eu n'appartiennent toujours pas aux municipalités concernées. Moins mauvais élèves, Toulouse, Nantes ou Dijon sont titulaires de leur extension européenne. Dommage qu'ils n'aient pas pris quelques secondes pour les faire rediriger vers leur site officiel.
Quand le site Classement-extensions.com place le .eu comme le neuvième TLD le plus déposé au monde, cela vaut peut-être le coup, non ? Bons élèves, Marseille, Lyon, Montpellier, Rennes ou Grenoble ont pris un peu de leur temps pour placer une redirection.

50 % des grandes villes européennes ont leur .eu

Faisons quelques calculs. Sur les vingt premières villes françaises, 45 % ont leurs .eu. Et au niveau des villes européennes, me direz-vous ? Le pourcentage grimpe à 50 % ; statistique obtenue sur le nom officiel en langue locale des cinquante plus importantes cités de l'Union.
Cette moyenne doit être pondérée par des comportements nationaux disparates. Ainsi, aucune ville anglaise n'a son .eu. Ni London, Birmingham, Leeds ni Sheffield ! Même chose pour les italiennes Milano, Torino, Palermo, Genova, Roma ou Napoli. Euroscepticisme ?
A contrario, 67 % des villes allemandes ont leur .eu. Et, surtout, celles qui l'ont l'utilisent toutes ! Un taux d'usage exceptionnel. La proportion de titulaires municipaux est également de 67 % en Espagne. L'Hôtel de ville de Malaga exploite d'ailleurs réellement son Malaga.eu. Un concurrent pour Strasbourg.
La Pologne grimpe elle à 80 % grâce aux redirections URL des Krakow.eu, Poznan.eu, Warszawa.eu et Wroclaw.eu. La moyenne de redirection est d'ailleurs de 84 % en Europe. On est loin des 55 % français. Pour la moitié restante des .eu correspondant aux noms de villes européennes non détenus par les autorités locales, le principal usage reste le parking avec des liens publicitaires (52 %) comme pour Dublin.eu, Riga.eu ou Stockholm.eu.
En conclusion, Strasbourg est un pionnier. Espérons qu'il fera des émules pour l'avenir du .eu.

Jean-François Poussard

Au sein du bureau d'enregistrement MailClub, Jean-François Poussard conseille les gestionnaires de noms de domaine des plus grandes sociétés françaises dans leur stratégie mondiale de nommage.

Spécialiste du marché des noms de domaine, il maîtrise l'ensemble des enjeux transversaux : le marketing, la communication, le juridique, le technique et l'administratif. Depuis 2004, il est aussi le rédacteur en chef de MailClub.info, site d'information de référence sur les noms de domaine.

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Avis sur «Le .eu à l'assaut des villes européennes»

 

un nom de domaine peu réaliste

de Ranuto , posté le 19 mars 2009 à 11h13
Le .eu fait partie de ces nouvelles extensions dont on peut légitimment se demander si elles ont été créées pour répondre à un quelconque besoin, ou juste pour pallier à la baisse d’activité des « registrars », ces sociétés qui gèrent les enregistrements.
Il est notoire qu’après la bulle internet et surtout depuis la mise en place de procédures légales relativement efficaces et raisonnablement couteuses, les enregistrements de noms de domaine ont fortement ralenti. Les squatteurs sont passés à d’autres activités moins risquées, les entreprises ont pu cesser – ou diminuer – les enregistrements préventifs de noms, exclusivement destinés à éviter le cybersquatting.
Nous voyons donc fleurir de nouvelles extensions, alors même que le nombre de domaines enregistrés dans les extensions classiques a retrouvé une certaine stabilité, et que la « crise » liée au manque de domaines disponibles est un souvenir. Parmi elles, le .eu tient une place particulière. C’est en effet une extension terrioriale (ttld) et non générale (gtld). Les extensions générales ont un sens, non lié à la géographie mais plutôt à la nature des contenus ( .com pour le commerce, .info pour l’information, .biz pour le business, .org pour les organisations non gouvernementales, etc.). On notera qu’à quelques exceptions près (.org par exemple), les usages réels n’ont aucun rapport avec les usages supposés. On notera aussi que les nouvelles extensions sont très largement sous utilisées – pour ne pas dire, inutilisées.
Les extensions territoriales ont, elles, un avantage qui a favorisé leur utilisation : elles ont du sens au moins sur un point crucial : la langue dans laquelle le contenu est publié. Ainsi, les extensions territoriales de pays ou sont présents des marques, sociétés ou organisations internationales, sont bien utiles pour publier du contenu dans la langue locale. Et aussi pour le promouvoir, les moteurs de recherche et en particulier Google favorisant les résultats publiés dans la version du moteur, et utilisant une extension territoriale locale.
Mais voilà, le .eu, lui, ne correspond à aucune langue. Et Google.eu n’exsiste pas. Alors à quoi sert cette exension ? Devinez...
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