Le .eu à l'assaut des villes européennes
L'usage des .eu diffère d'un pays à un autre. Je me suis intéressé à l'utilisation que les grandes cités du Vieux Continent font de l'extension européenne. Et si l'exemple venait d'en haut ?
01net.
le 19/03/09 à 10h45
L'usage des .eu diffère d'un pays à un autre. Je me suis intéressé à l'utilisation que les grandes cités du Vieux Continent font de l'extension européenne. Et si l'exemple venait d'en haut ? Début 2009, la ville de Strasbourg a
changé d'adresse et a délaissé son historique .fr au profit du novateur Strasbourg.eu. Un choix important, en adéquation avec le statut de capitale européenne de la préfecture alsacienne.
Je suis convaincu que c'est par la valeur de son usage que l'on peut apprécier l'intérêt d'une extension. Le choix du .eu pour Strasbourg entraîne une dynamique positive autour d'un TLD (top level
domain,
' domaine de premier niveau ') encore boudé par les Français.
Strasbourg, l'étoile européenne
J'ai souhaité vérifier si le cas strasbourgeois était isolé en Europe. Commençons par la France. Historiquement (à l'échelle des noms de domaine, bien sûr), les villes françaises ne se sont pas précipitées sur
l'acquisition de leur extension européenne. Pourtant,
elles ont eu la priorité pour le faire.
Réminiscence de ces actes manqués, Paris.eu, Nice.eu, Bordeaux.eu ou Reims.eu n'appartiennent toujours pas aux municipalités concernées. Moins mauvais élèves, Toulouse, Nantes ou Dijon sont titulaires de leur extension
européenne. Dommage qu'ils n'aient pas pris quelques secondes pour les faire rediriger vers leur site officiel.
Quand le site
Classement-extensions.com place le .eu comme le neuvième TLD le plus déposé au monde, cela vaut peut-être le coup, non ? Bons élèves, Marseille, Lyon, Montpellier, Rennes ou Grenoble
ont pris un peu de leur temps pour placer une redirection.
50 % des grandes villes européennes ont leur .eu
Faisons quelques calculs. Sur les vingt premières villes françaises, 45 % ont leurs .eu. Et au niveau des villes européennes, me direz-vous ? Le pourcentage grimpe à 50 % ; statistique obtenue sur le nom officiel en
langue locale des cinquante plus importantes cités de l'Union.
Cette moyenne doit être pondérée par des comportements nationaux disparates. Ainsi, aucune ville anglaise n'a son .eu. Ni London, Birmingham, Leeds ni Sheffield ! Même chose pour les italiennes Milano, Torino, Palermo,
Genova, Roma ou Napoli. Euroscepticisme ?
A contrario, 67 % des villes allemandes ont leur .eu. Et, surtout, celles qui l'ont l'utilisent toutes ! Un taux d'usage exceptionnel. La proportion de titulaires municipaux est également de 67 % en Espagne.
L'Hôtel de ville de Malaga exploite d'ailleurs réellement son Malaga.eu. Un concurrent pour Strasbourg.
La Pologne grimpe elle à 80 % grâce aux redirections URL des Krakow.eu, Poznan.eu, Warszawa.eu et Wroclaw.eu. La moyenne de redirection est d'ailleurs de 84 % en Europe. On est loin des 55 % français. Pour la
moitié restante des .eu correspondant aux noms de villes européennes non détenus par les autorités locales, le principal usage reste le parking avec des liens publicitaires (52 %) comme pour Dublin.eu, Riga.eu ou Stockholm.eu.
En conclusion, Strasbourg est un pionnier. Espérons qu'il fera des émules pour l'avenir du .eu.
Jean-François Poussard
Au sein du bureau d'enregistrement
MailClub, Jean-François Poussard conseille les gestionnaires de noms de domaine des plus grandes sociétés françaises dans leur stratégie mondiale de nommage.
Spécialiste du marché des noms de domaine, il maîtrise l'ensemble des enjeux transversaux : le marketing, la communication, le juridique, le technique et l'administratif. Depuis 2004, il est aussi le rédacteur en chef de
MailClub.info, site d'information de référence sur les noms de domaine.