











“ L'insécurité informatique pourrait amplifier la crise, selon McAfee. Enorme ! ”
Stéphane Bellec, rédacteur à 01 Informatique
Comme si la récession économique ne suffisait pas, la crise, qui a bon dos, ne se déplace pas sans son lot de communications névrotiques. Qu'elles soient fondées ou non, leurs conséquences premières se traduisent souvent par des manifestations d'hystéries collectives poussant à se méfier de tout, de l'avenir comme de son prochain. L'éditeur McAfee a publié en fin d'année une étude déclarant qu'il s'agissait d'une période faste pour les cybercriminels. Qui recruteraient des mules pour le blanchiment d'argent, ou augmenteraient leurs activités d'espionnage industriel. Les entreprises sont ainsi invitées à redoubler de vigilance. Le cabinet Deloitte abonde et prévient les banques : “ La crise économique expose plus fortement les grandes institutions financières mondiales aux risques liés aux systèmes d'information. ” Certains, qui ne doutent de rien, vont plus loin et n'hésitent pas à extrapoler. Ainsi, Le Point mettait en ligne le 26 février un article titré : “ L'insécurité informatique pourrait amplifier la crise, selon McAfee. ” Les responsables de sécurité n'ont vraiment pas besoin de tels discours qui, in fine, les desservent. Ce n'est pas en mettant tout sur le dos de la récession qu'il leur sera plus facile de faire valoir l'intérêt de la sécurité, une discipline trop souvent perçue comme une boîte noire par les dirigeants. Et surtout pas en vendant, par exemple, la norme ISO 27001 (par ailleurs pleine de vertus) comme “ arme anticrise ”. Les fournisseurs de la sécurité ne sont pas les seuls à rentrer dans ce genre de travers. Toute l'industrie informatique s'y engouffre : les spécialistes de l'infrastructure conseillent de virtualiser à tout-va, voire de déménager sur le cloud pour faire des économies (les mêmes arguments servant aussi pour vanter la Green IT). Ceux de l'applicatif prônent le collaboratif afin de limiter les déplacements. Quant aux tenants de l'open source, ils plaident pour l'utilisation de logiciels libres qui favorisent les développements internes et occupent les équipes. Pour les autres, reste l'argument massue : licencier. Car la crise, c'est l'insécurité, l'insécurité la plus totale.
s.bellec@01informatique.fr
