Choix des contenus et accompagnement, les clés d'un projet réussi

Un projet e-learning comporte un volet technique à ne pas négliger, même si les contenus sont essentiels. Une offre de formation pertinente passe par le blended learning, mêlant présentiel et modules à distance. Elle nécessite l'acquisition de compétences spécifiques.
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Pas si simple, pour les DRH, d'intégrer l'e-learning au dispositif global de formation de leur entreprise. A grande échelle, ce type de chantier a, en effet, des fondations techniques qui vont directement concerner la DSI. Il faut donc bien distinguer la partie liée au contenu du projet de sa partie infrastructure. Et s'interroger sur le choix de la plate-forme qui permettra d'administrer et de diffuser les contenus pédagogiques voire de les créer en étudiant les différentes fonctions proposées.

Pour Jérôme Bruet, directeur général de l'éditeur spécialisé e-Doceo, “ il vaut mieux commencer par une solution légère pour valider le projet. Bon nombre de premiers déploiements ont été testés auprès de populations réduites sur une plate-forme hébergée ”. Une solution qui, en dépit d'un ticket d'entrée limité, suscite des réticences liées à la confidentialité des données sur des contenus stratégiques. Quelle que soit l'option choisie, la plate-forme d'e-learning devra, à terme, être interfacée au système d'information des ressources humaines (SIRH).

Une formation pertinente et bien accompagnée

Les contenus demeurent toutefois la problématique majeure de la DRH. Celle-ci doit préalablement réfléchir aux objectifs pédagogiques et à la durée des modules afin de composer une offre de formation pertinente, en mettant en place l'accompagnement ad hoc. “ Globalement, l'e-learning est plus adapté à la transmission d'un savoir que d'un savoir-faire ” expose Pierre-Henri Amalric, directeur technique du prestataire spécialisé X-Perteam. Une formation 100 % e-learning peut être envisagée, de manière ponctuelle, sur une thématique opérationnelle (la sensibilisation des commerciaux à un nouveau produit, par exemple). Ces modules d'autoformation seront courts et ne dépasseront pas deux à trois heures en tout. Dans tous les autres cas, il est nécessaire de mettre en place des actions de tutorat synchrone ou asynchrone (courriels, chats, forums, messagerie instantanée, etc.). On peut également envisager une formation multimodale (ou blended learning), alternante-learning, sessions en présentiel voire classes virtuelles.

Un développement des contenus sur mesure

Pour alimenter les plates-formes de diffusion de contenus, certains organismes de formation proposent une vaste gamme de contenus sur étagère, traitant de sujets transversaux : bureautique, langues, management… Les problématiques métier font généralement l'objet d'un développement sur mesure. Le recours à un outil de rapid e-learning est une solution pour élaborer de façon simplifiée de petits modules à partir d'un support de cours présentiel. Mais cette méthode fait l'impasse sur la réingénierie pédagogique (c'est-à-dire la remise à plat de l'existant) indispensable à la création de véritables contenus e-learning.

Faut-il concevoir ceux-ci en interne ou faire appel à un prestataire ? “ La réalité est plus nuancée, estime Jérôme Bruet. Même une entreprise novice doit être capable de dialoguer avec son prestataire. ” Car ce sont les experts métier du client qui valident les différentes étapes de la conception : rédaction du scénario pédagogique, construction du storyboard (déroulé des écrans), médiatisation (vidéos, sons…). D'où l'intérêt, pour l'entreprise, de s'impliquer dans la production en demandant un transfert de compétences à son prestataire. Des outils permettent aux non-informaticiens de s'affranchir de la maîtrise de la technologie Flash pour concocter des contenus pédagogiques multimédias.

Le retour sur investissement d'un déploiement e-learning reste difficile à évaluer. Il faut tenir compte du coût de la plate-forme, une dépense à rapporter au nombre d'apprenants et aux économies réalisées en termes de déplacements, d'hébergement, de gestion des absences… Autre avantage : l'e-learning permet aux formateurs de suivre précisément les actions de l'apprenant et l'évolution de ses connaissances. Contrairement aux formations classiques, où l'on s'attache à mesurer la satisfaction des stagiaires.

2 questions à… : Michel Labrid, responsable du pôle e-learning au centre de formation Maaf

La Maaf utilise la formation à distance depuis 1999. Où en êtes-vous aujourd'hui ?

“ Nous avons intégré la plate-forme Simplicit-e de Cap RH en 2004 pour répondre à des besoins plus fins en termes de traçabilité, de reporting et de mesure des acquis. Plus de 80 modules sont diffusés auprès de 7 000 stagiaires, répartis entre les réseaux commerciaux et gestionnaires et les métiers de support de la Maaf. Les contenus sont essentiellement orienté métier. ”

Pouvez-vous définir les caractéristiques d'un projet e-learning ?

“ Les phases de prise en compte des besoins et de définition des objectifs sont similaires à celles d'un projet en présentiel. Mais l'adaptation des contenus au e-learning nécessite des compétences particulières et un travail en équipe pluridisciplinaires. La réussite du projet passe par une étroite collaboration avec la DSI lors de la mise en œuvre. Et par une bonne communication auprès des stagiaires et de leurs managers. ”

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