19 mars 2009 : des salariés du secteur informatique expriment leur ras-le-bol
Des salariés entre autres d'IBM et de HP vont se mobiliser, à l'appel des syndicats, pour défendre leurs emplois et leurs salaires.
01net.
le 19/03/2009 à 13h14
“ A nous la crise, à eux les profits, ça suffit ” : c'est sous cette banderole commune que des salariés du secteur high tech (IBM, HP, EDS et Bull Île-de-France) vont se réunir cet après-midi en Ile-de-France. Au cœur du mécontentement de certains syndicats se trouve la pression sur les salaires et les pertes d'emplois.
Au sein de HP-EDS, par exemple, la direction propose – comme nous l'avions déjà évoqué à la fin du mois de février dernier – de baisser les salaires des collaborateurs, selon leur niveau hiérarchique : -20 % pour Mark Hurd, le PDG de HP, -15 % pour le top management, -5 % pour les cadres, -2,5 % pour les non-cadres, etc. Présenté comme un moyen d'éviter un plan de restructuration de la masse salariale et de rester compétitif dans un contexte de crise économique, le plan est, en Europe, basé sur le volontariat – contrairement à ce qui se passe aux Etats-Unis où il devrait rentrer en application dès le mois d'avril. Pour l'heure, HP est entré dans une phase de consultation des instances du personnel et aucun calendrier précis n'est arrêté à ce jour.
Mais d'ores et déjà, certains syndicats, comme la CFTC par exemple, le rejettent en bloc. “ Ces mesures sont basées sur le volontariat et un refus ne peut pas être sanctionné par un licenciement, mais le côté définitif et disproportionné de ces propositions par rapport aux rémunérations des dirigeants est inacceptable et nous soulevons leur immoralité ”, peut-on lire dans le communiqué de presse des sections syndicales.
Inquiétudes sur les salaires
Du côté de la CFDT d'IBM France, Jean-Michel Daire, délégué syndical, constate que depuis le mouvement du 29 janvier dernier, peu de choses ont changé : “ C'est le statu quo du côté d'IBM. Mais l'éventuel rachat de Sun, montre bien qu'il y a de l'argent disponible et en masse. ” Si aucune annonce de licenciement n'a été faite par Big Blue, les syndicats craignent que la direction ne décide d'une baisse des salaires, comme au sein de HP. Quoi qu'il en soit, le délégué syndical attend, pour aujourd'hui, une mobilisation beaucoup plus forte du côté des salariés, non seulement au sein d'IBM mais également de Bull et d'Ilog, récemment racheté par IBM. Tous défileront sous la bannière commune.
HP, IBM, Bull et Ilog ne seront pas les seuls représentants du secteur informatique à répondre à l'appel des syndicats CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC, FSU, Unsa et Solidaires. D'autres acteurs de l'informatique se préparent, à l'heure où nous écrivons, à défiler. C'est le cas au sein de Capgemini, d'Altran, de Stéria, d’Atos-Origin, mais aussi de France Télécom.