Les informaticiens chinois boursicoteurs dans la tourmente
Alléchés par des profits records, de nombreux informaticiens ont placé leurs économies en Bourse. Avec la crise actuelle, beaucoup y laissent des plumes.
01net.
le 01/04/2009 à 16h02
Planète IT
En direct de New Delhi, de Pékin et de San Francisco, nos chroniqueurs livrent chaque semaine leur regard amusé, admiratif ou critique sur la high-tech saveur locale.
Avant de sombrer comme les autres marchés, la Bourse chinoise a connu un développement spéculatif sans précédent, notamment grâce aux petits épargnants fraîchement autorisés à tenter leur chance. Pour les informaticiens locaux, habitués à rester des heures devant l'ordinateur, rien de plus simple que de suivre les cours en direct depuis leur poste de travail. « Vendre, acheter, revendre, c'était presque devenu un réflexe. Je plaçais dans la high-tech, vu que je travaille dans le secteur, mais aussi en fonction des bons tuyaux qu'on s'échangeait entre collègues », se souvient Li Shan, développeur Web de 27 ans, les yeux rêveurs. Et d'ajouter : « Parfois je gagnais le triple de mon salaire en quelques jours, c'était la belle époque ! »
Aujourd'hui, la crise a frappé de plein fouet les Bourses chinoises. Li Shan et ses confrères boursicoteurs ont gardé leur emploi, mais tous ont perdu de l'argent. Une catastrophe pour certains. « J'avais prévu de me marier cet été et fait un prêt pour acheter un logement, mais maintenant je peux à peine rembourser mes dettes », se lamente Yang Dong, programmeur de 24 ans, dont la petite amie apprécie très peu le report de leurmariage pour cause de crise financière.
Autre cas, Xiao Bei, 32 ans, ancien employé de Microsoft China. Il y a moins d'un an, lorsque la Bourse atteignait des sommets, il a décidé de plaquer son job pour devenir… artiste peintre : « C'était un vieux rêve d'enfant. J'avais gagné suffisamment pour m'offrir deux ou trois années sabbatiques. Là, je viens de reprendre un travail dans une boîte chinoise car j'ai trop perdu. Taper des lignes de code me déprime mais je n'ai pas le choix ! »