38 entreprises signent pour l'interopérabilité du cloud computing
IBM, Sun, VMware, SAP, Sogeti et 33 autres signent un manifeste pour l'interopérabilité des nuages informatiques. Mais les principaux fournisseurs sont aux abonnés absents.
01net.
le 30/03/2009 à 16h59
Le cloud computing (CC), c'est bien pratique. Mais que faire lorsque l'on souhaite changer de fournisseur ? Pas si simple. Aujourd'hui, la plupart des services de CC reposent sur des architectures assez propriétaires qui peuvent rendre les migrations difficiles. Pour éviter que ce mal se propage, trente-six acteurs informatiques se sont regroupés pour défendre l'interopérabilité et énoncer les principes d'un nuage informatique ouvert. Le résultat est un document de sept pages appelé Open Cloud Manifesto.
Des principes généraux
L'objectif de ce manifeste n'est pas de définir un standard de nuage informatique ouvert. Les 36 signataires - dont IBM, Sun, VMware, SAP et Sogeti - le voient surtout comme le début d'une discussion pour l'élaboration d'un tel standard. Ils se limitent à énoncer quelques principes généraux : l'interopérabilité entre les données et les applications, la création d'interfaces de programmation ouvertes pour faciliter la migration, l'utilisation de formats communs pour la supervision, la collaboration ouverte entre fournisseurs, le refus de verrouiller les clients, etc. « Le modèle du CC est bénéfique pour l'entreprise, autant sur les plans technique qu'économique. Mais, pour assurer la pérennité du modèle, il faut un standard ouvert qui apporte des garanties aux utilisateurs. L'échec des ASP (Applications Service Provider, fournisseur d'applications hébergées) il y a quelques années était justement lié au manque d'ouverture », explique Jean-Yves Pronier, directeur marketing produits de Sun Microsystems France.
Mais il n'est pas impossible que ce manifeste reste un vœu pieux. Car les principaux fournisseurs de services de CC n'ont pas souhaité signer ce document. A savoir : Amazon, Salesforce, Google et Microsoft. Chez ce dernier, on assure être d'accord sur le fond, mais pas sur la forme. « Nous adorons ce concept [d'interopérabilité], explique Steven Martin, responsable Developer Platform Product Management sur son blog. [Mais] nous étions déçus par le manque d'ouverture dans l'élaboration du Cloud Manifesto. Il n'était pas possible de discuter de modifications ou d'ajouts à ce document... Il nous semble qu'une entreprise, ou une poignée d'entreprises, souhaite contrôler l'évolution du cloud computing. »
Un coup d'épée dans l'eau
Chez Amazon, une porte-parole nous explique que « les standards vont certainement continuer à évoluer dans le domaine du CC. Cependant, d'après les retours que nous avons de nos clients, nos services sont actuellement la meilleure illustration d'ouverture et de flexibilité en la matière. » Bref, on n'est jamais mieux servi que par soi-même. Précurseur dans le CC, Amazon ne souhaite visiblement pas partager son avance avec les autres acteurs.
Au vu de ce manque flagrant d'unité, l'Open Cloud Manifesto ressemble donc à un coup d'épée dans l'eau. Sans vouloir prédire l'avenir, il est probable que le domaine du cloud computing n'échappera pas ni à une guerre des standards ni aux envies monopolistiques qui ont marqué l'informatique depuis ses débuts.