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Nous sommes en l'an 2009 après J.C. Le monde est terrassé par une crise économique mondiale. Seul un petit village de pingouins résiste à la morosité générale : Solutions Linux, à Paris Porte de Versailles. En effet, cette onzième édition de ce salon dédié aux logiciels libres tranche ouvertement avec le reste du secteur, marqué par une baisse des budgets informatiques.
Si Gartner prévoit au mieux une stagnation pour l'ensemble du marché des logiciels, chez les acteurs du libre, on a plutôt la banane. Et pour cause : beaucoup de responsables informatiques voient dans l'open source un moyen pour réaliser leurs projets, alors que la direction financière leur coupe les vivres. «Au niveau des pré-enregistrements, nous avons noté une forte augmentation des collaborateurs issus de grands comptes. C'est sans doute un effet de la crise», remarque Carole Jardon, responsable du salon Solutions Linux.
Chez Novell, qui profite du salon pour présenter la version 11 de Suse Enterprise Linux, l'optimisme est au rendez-vous. « La crise incite les entreprises d'une part à geler les nouveaux projets, et d'autre part à réduire les coûts sur les infrastructures existantes. Beaucoup d'entreprises sont en train de mener des études pour détecter les infrastructures superflues et évaluer des migrations vers l'open source», explique François Benhamou, directeur des divisions End User Computing et Identity/Security chez Novell. Selon une étude IDC, commandée par Novell et réalisée en février dernier, plus de la moitié des responsables informatiques prévoient d'accélérer l'adoption de Linux en 2009. Et 49 % indiquent que Linux deviendrait leur plate-forme de serveur principale dans les cinq ans à venir.
Chez le fournisseur de bases de données Ingres, on est également bien décidé à saisir l'opportunité qui se présente. Sur le salon, l'éditeur présente une méthode pour réduire le coût total d'acquisition des infrastructures informatiques. Baptisée «Nouvelle donne économique», elle fait, évidemment l'apologie de l'open source et de son modèle de souscription annuelle. « La crise révèle les mauvaises pratiques du secteur informatique. C'est le cas, par exemple, des licences sites où, en contrepartie d'une forte réduction de prix, le client s'engage sur un volume de licences donné pendant plusieurs années et se retrouve piégé», explique Eric Soares, vice-président pour les ventes en Europe du sud.
Toutefois, l'opportunité offerte par la crise doit être saisie avec prudence. Philippe Montarges, président fondateur de l'intégrateur Alter Way, a justement réalisé ce matin une conférence sur le thème de la crise et de son impact sur l'écosystème du libre. Pour lui, il ne faut pas faire de l'open source une solution purement low-cost. « Il serait dangereux pour notre industrie de se limiter à un discours budgétaire, car cela n'assurerait pas la pérennité de notre modèle », soutient le président. Selon lui, une approche uniquement opportuniste ne pourrait assurer ni l'investissement communautaire, ni la fidélité du client final aux solutions open source. «Il faut inciter les clients à devenir partie intégrante de l'écosystème open source et les faire adhérer aux principes du libre », souligne Philippe Montarges.
Face à l'effet d'aubaine de la crise, le secteur de l'open source doit donc rester vigilant.
















