« Il y a encore des opportunités d'embauches dans l'informatique financière »
Malgré la crise de la finance, les informaticiens de ce secteur peuvent encore décrocher un emploi. Interview d'Alexandre Bonin, directeur associé du cabinet de recrutement Alternative Search.
01net.
le 07/04/2009 à 14h54
01netPro. : Le site d'emploi spécialisé eFinancialCareers.fr a organisé il y a quelque temps un tchat sur les métiers de l'informatique de la finance, auquel vous avez participé. Qu'en est-il aujourd'hui des recrutements dans ce secteur ?
Alexandre Bonin. Hormis pour certaines activités financières, tous les recrutements sont gelés. Il faut savoir que sur ce marché 80 % des postes sont pourvus par les SSII, qui vont recruter des ingénieurs et des consultants et les placer dans des banques. Les 20 % restant sont directement embauchés par des banques et des établissements financiers.
Ensuite, au sein de ces 80 %, on distingue deux catégories d'entreprises : les SSII qui délèguent leur personnel au forfait ou en régie dans le cadre de missions et les cabinets de conseil, qui, eux, interviennent plus dans la partie maîtrise d'ouvrage.
Et en termes de profil, est-ce la double compétence qui prime ?
Beaucoup moins qu'il y a cinq ans. A cette époque, les ingénieurs dotés de la double compétence (informatique et finance de marché), étaient très recherchés en France. Il y avait une tension sur ces profils. Ces ingénieurs qui rêvaient de devenir des traders ou de travailler à leurs côtés sont tous partis à Londres.
Parallèlement, un nouveau métier − le « consultant MOA finances » − s'est développé. Il a attiré des diplômés d'école d'ingénieurs ou de commerce possédant une spécialisation dans les produits ou les risques, par exemple. Mais, depuis octobre 2008, les projets ont été gelés dans les banques et il y a beaucoup moins de demande pour ces profils, excepté pour des professionnels confirmés (ayant cinq à dix ans d'expérience), au détriment des jeunes diplômés. En dehors des stages, il n'y a pas d'opportunités de postes pour eux. Les banques aujourd'hui prennent des stagiaires, sans avoir de visibilité sur les embauches.
Où sont donc les opportunités ?
Dans le domaine des risques et de la réglementation, il existe des opportunités, même si elles sont moins « sexy ». Les banques sont de plus en plus prudentes aujourd'hui et recherchent des consultants pour la partie risques. Il commence même à y avoir une pénurie sur ces profils qui occupent des postes clés dans les banques.
Les évolutions réglementaires (les accords de Bâle-II, par exemple), qui ont eu un impact sur l'organisation des banques et leur système d'information, ont aussi engendré des besoins de spécialistes dans ce domaine (des « consultants MOA réglementation »). Enfin, il y a aussi des opportunités d'embauches chez les intermédiaires financiers (BP2S, par exemple), qui se sont informatisés plus tard et qui proposent de beaux projets, avec des problématiques d'architecture du SI intéressantes, par exemple.
Et les salaires, sont-ils revus à la baisse ?
Ils sont à la baisse car il y a moins de demandes, et les banques ont demandé aux SSII de revoir leurs tarifs. Autrefois un jeune diplômé pouvait être embauché à 36 000 euros. Aujourd'hui, on lui propose plutôt autour de 32 000 euros. Cela reste toutefois un secteur qui paye bien, tout particulièrement pour les informaticiens qui ont au moins trois à cinq ans d'expérience.