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En direct de New Delhi, de Pékin et de San Francisco, nos chroniqueurs livrent chaque semaine leur regard amusé, admiratif ou critique sur la high-tech saveur locale.
Plutôt bizarre, la vente de Satyam. Alors que les responsables de la SSII, nommés par le gouvernement après la révélation de la fraude comptable massive qui a frappé le groupe, avaient promis une procédure exemplaire par sa transparence, l'exercice se révèle plutôt chaotique.
Transparentes, les règles ? Peut-être, mais aussi mouvantes. A la fin de la semaine dernière, les organisateurs du processus ont repoussé la date de remise des offres du 9 au 13 avril 2009. Surtout, le processus d'attribution de Satyam a été modifié sur un point important : le deuxième tour d'enchères – si deuxième tour il y a – sera public. Jusqu'ici, ce round devait être confidentiel, comme tout le reste du processus.
Des enchères publiques, pourquoi pas ? Après tout, un des candidats à la reprise, le groupe de technologies Spice Group, avait retiré sa candidature en exigeant précisément des enchères publiques. Mais aucune explication n'a été donnée sur ce changement de règles.
Tout cela contribue à alourdir une atmosphère un peu plombée par les rumeurs. Sur l'identité des prétendants, notamment. Deux groupes seulement ont affirmé être sur les rangs : le géant du BTP Larsen & Toubro, qui voit là l'occasion de faire grossir massivement sa filiale informatique, et le conglomérat diversifié Mahindra, qui veut lui aussi se développer dans ce secteur. Ca n'empêche pas tout le monde de spéculer jusqu'à l'épuisement sur les autres candidats en lice. La presse y va chaque jour de ses « révélations », qui tournent beaucoup autour de l'intérêt prêté à IBM ou au fonds d'investissement de Wilbur Ross, spécialisé dans le redressement d'entreprises en difficultés.
Les rumeurs les plus folles continuent aussi de circuler sur les effectifs de Satyam. Les affirmations du procureur chargé de l'enquête selon lesquelles il y avait 13 000 salariés inexistants dans les livres de Satyam n'ont pas été confirmées à ce jour, mais on n'est pas plus avancé. La semaine dernière, un quotidien indien affirmait que 13 000 des 53 000 salariés officiels de l'entreprise étaient partis chez des concurrents ou des clients. Commentaire d'un porte-parole de Satyam : « Personne ne dispose vraiment de chiffres précis » sur le nombre de salariés... Pas trop rassurant, quand même !
Enfin, la bonne nouvelle dans tout ça, c'est que l'on connaîtra peut-être le nom du repreneur dès le 13 avril. Car les dirigeants provisoires du groupe veulent maintenant aller le plus vite possible. On les approuve.















