L'Inria crée un fonds d'amorçage pour les start-up
Destinée aux chercheurs-entrepreneurs, cette nouvelle structure de financement pourrait investir jusqu'à 3 millions d'euros au total dans une dizaine de projets high-tech.
01net.
le 14/04/2009 à 10h35
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Un bon chercheur n'est pas forcément un bon chef d'entreprise. C'est en quelque sorte l'aveu décomplexé que vient de faire l'Institut national de recherche en informatique et en automatique (Inria) avec la mise en place d'une nouvelle structure dédiée à l'accompagnement des chercheurs qui franchissent le pas de la création d'entreprise.
« Les sociétés issues de la recherche publique dans les sciences du numérique présentent la caractéristique d'être fondées par un noyau de personnes comprenant essentiellement des chercheurs ou des ingénieurs. Experts des technologies qu'ils ont créées, ils n'ont pas, dans la majorité des cas, une expertise managériale ou de marketing leur permettant d'adapter au mieux leurs technologies à une vraie demande de marché. Ils se positionnent alors plus facilement sur une niche technologique pour laquelle ils apportent une expertise spécifique de service. Ainsi orienté, le modèle économique de leur société, s'il permet une certaine pérennité, peut vite atteindre ses limites en termes de perspectives de croissance. » Tel est le constat de l'institut, qui accompagne par ailleurs depuis plus de dix ans les porteurs de projets issus du monde de la recherche numérique, grâce à son incubateur de transfert Inria-Transfert. Mais cette fois l'établissement a décidé d'aller plus loin et de s'attaquer d'une part au problème des fonds d'amorçage et d'autre part au manque de compétences « business » des chercheurs, en créant une structure au profil atypique, baptisée IT-Translation.
Financement et conseil
Celle-ci agira à la manière d'un « super business angel » en proposant un double soutien aux créateurs d'entreprise. D'une part, IT-Translation répondra aux besoins de financement initial des jeunes entreprises en investissant de l'ordre de 250 000 à 300 000 euros dans chaque projet. Cette aide financière permettra aux créateurs qui n'ont aucuns fonds propres de bénéficier par la suite des effets de levier apportés par les aides publiques comme par exemple le statut « jeune entreprise innovante » (JEI), le concours national de création d'entreprises ou le crédit impôt recherche (CIR). D'autre part, IT-Translation a pour objectif d'inculquer la culture de l'entreprise aux chercheurs durant une phase de cofondation de 9 à 18 mois. Pendant celle-ci, les porteurs de projets seront accompagnés par des « business-développeurs », experts en marketing, en management et en développement commercial. De 30 à 40 projets pourraient être examinés par ce fonds, mais seulement 8 à 10 d'entre eux seront sélectionnés.