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Le rachat de Satyam, la quatrième société de services informatiques indienne, dont on avait appris le 7 janvier 2009 qu'elle avait été victime d'une fraude comptable colossale organisée par son fondateur, va rebattre les cartes du secteur informatique en Inde. La firme de Hyderabad va finalement être reprise par la société indienne Tech Mahindra. Cette dernière a de sérieux arrières qui vont lui permettre de remettre Satyam à flot et de devenir l'un des grands de l'informatique en Inde (voir encadré).
Pour ce faire, Tech Mahindra va acheter 51 % de Satyam, pour un montant de l'ordre de 580 millions de dollars.
Déterminer la juste somme qu'il était prêt à payer n'a pas dû être facile pour Tech Mahindra – pas plus que pour les autres candidats d'ailleurs. Car il leur a fallu faire des offres sans connaître la situation réelle de Satyam. Depuis trois mois que le fondateur de ce groupe a confessé ses malversations, des équipes d'experts tentent de reconstituer la comptabilité du groupe, mais ils ne sont pas encore arrivés au bout de cette tâche.
Tech Mahindra a donc porté un jugement sur ce qui lui apporterait Satyam en termes de potentiel de développement, et a proposé davantage que la concurrence. Il est vrai qu'il n'y avait plus grand monde en lice à la fin du parcours. Le conglomérat rival Larsen & Toubro est resté sur les rangs jusqu'à la fin. Ayant adopté une démarche similaire à celle de M&M, c'est-à-dire une stratégie de développement accéléré de sa filiale informatique, il a néanmoins proposé sensiblement moins. Larsen & Toubro était pourtant considéré comme le candidat le mieux placé, dans la mesure où il possédait déjà 12 % de Satyam, achetés sur le marché.
La candidature d'IBM, considérée comme extrêmement probable par les médias et les milieux professionnels indiens, ne s'est en revanche pas confirmée.
Il reste maintenant au nouveau propriétaire à regarder de très près dans quel état se trouve Satyam : y a-t-il eu ou non exode de clients ces trois derniers mois, quel est le moral des troupes ? Et il attendra également sans doute avec une certaine anxiété les révélations qui pourraient sortir des différentes enquêtes actuellement menées sur la plus grosse fraude jamais menée dans une entreprise indienne.
Tech Mahindra appartient majoritairement au conglomérat Mahindra & Mahindra, l'un des plus importants du pays, aux activités très diversifiées. La filiale informatique de M&M est issue d'une alliance conclue avec l'opérateur télécoms britannique BT, qui possède 30 % de Tech Mahindra. Cette dernière société est donc spécialisée dans les logiciels de télécoms, et BT est de très loin son premier client. Mais avec la prise de contrôle de Satyam, elle va changer complètement de catégorie.
En premier lieu, Tech Mahindra va passer d'un classement de « milieu de tableau » dans la gamme des SSII indiennes à une place dans le peloton de tête. Ensuite, le groupe va très largement diversifier ses compétences. En récupérant le fonds de commerce de Satyam, il va accéder à des secteurs d'activité qu'il ignorait jusqu'ici (la finance et bien d'autres), il va mettre la main sur un portefeuille de clients internationaux de premier plan, et il va enfin se diversifier géographiquement, aux Etats-Unis ainsi qu'au Japon notamment (alors que pour le moment sa clientèle est essentiellement britannique et européenne).
















