« Hadopi engendre un surcoût de 10 000 à 20 000 euros »
01net.
le 24/04/2009 à 14h15
Notre article « Loi antipiratage : quelles obligations et quels risques pour l'entreprise ? » a soulevé bon nombre d'interrogations dans nos forums sur les logiciels qui permettraient de sécuriser une entreprise vis-à-vis du téléchargement illégal. Beaucoup d'entre vous soulèvent la question de la faisabilité technique de cette loi, tel bipdan2 : « On ne connaît pas encore la teneur de ces logiciels, mais effectivement je ne vois pas comment cela peut reposer sur un PC client du réseau. Les particuliers devront-ils s'équiper d'un boîtier Firewall Hadopi, renouveller les box ou leur firmware ? Le fait que rien n'ait été précisé sur le moyen de filtrage en dit long sur l'impossibilité de le mettre en oeuvre raisonnablement. »
Même préoccupation pour HélènePB, qui s'interroge sur la nature du filtrage : « Comment contrôler le contenu ? Si le dernier album de Machin est sur un site http, non répertorié dans les filtres d'URL, on peut très bien télécharger du contenu illégal », écrit-elle dans son billet «contenu ou protocole». De son côté, BenoitG, se demande même si un tel logiciel est réalisable, « le vrai problème est qu'il n'y a aucun moyen de vérifier, a priori, si un fichier téléchargé est protégé par un droit d'auteur ou par un droit voisin ni si la personne qui initie le téléchargement possède les droits nécessaires ». Il se demande par ailleurs ce que va changer la loi, sachant que l'employeur est déjà responsable des actions réalisées à partir de la connexion Internet de son entreprise.
Mais la contribution la plus intéressante est sans doute celle de Niczar : « J'avais réalisé une rapide analyse pour un député du surcoût engendré par cette loi pour une petite entreprise (moins de 20 salariés). Je l'estime de l'ordre de 10 000 à 20 000 € en pièces et main-d'œuvre, uniquement pour sécuriser le réseau, non pas contre les attaques externes, mais contre d'éventuels usages inappropriés de l'intérieur, usages qui, hors Hadopi, ne présentent aucun risque majeur pour la société. Par exemple : il faut remplacer les switches par des modèles administrés, forcer l'authentification des postes de travail sur un serveur d'annuaire, installer un proxy authentifié, et ainsi de suite. Toutes ces mesures, en plus de leurs coûts, ajoutent des contraintes et rendent l'usage de certains services comme Skype problématiques, à moins d'engager des dépenses supplémentaires chaque fois que le besoin se présente. »
Je ne sais pas si ces montants sont justes. En revanche, si cette loi est adoptée, une chose est certaine : elle aura un coût non négligeable et sera contrainte financière de plus pour l'entreprise. Mais la messe n'est pas dite car, comme on l'a vu tout récemment, on peut encore s'attendre à des rebondissements dans ce feuilleton numérique et parlementaire.