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Pas un jour ne passe sans que les experts du marketing ne trouvent un nouvel avantage à Twitter, le site qui a inventé le microblogging. Cette nouvelle coqueluche du Web permet de fidéliser des clients potentiels, de diffuser des informations produits, de trouver un emploi, de rénover la communication interne dans l'entreprise, etc.
Seulement voilà, les inconvénients commencent également à se développer. Et le plus grave d'entre eux est actuellement le cybersquatting, c'est à dire l'usurpation d'identité. Les cas sont de plus en plus nombreux. Aux États-Unis, le très populaire fil CNNbrk (presque un millions de followers, les abonnés), qui répercute les infos de CNN, n'appartenait pas, en réalité, à la chaîne de télévision, mais était géré par un certain James Cox. Le vrai fil Twitter de CNN n'affiche lui « que » 64000 followers.
Le groupe de médias a donc décidé de récupérer le fil en question. Le rachat pur et simple d'un fil Twitter étant interdit par les régles d'utilisation du site de microblogging, le groupe a négocié secrètement un accord avec le détenteur du fil, sans doute pour récupérer intacte sa très forte audience (962 879 abonnés à l'heure où nous écrivons). A priori, la CNN aurait embauché le fameux James Cox en tant que consultant, et récupéré ainsi en échange du salaire, le contrôle du fil. C'est la première fois qu'une telle négociation se joue, ou du moins qu'elle est portée sur le devant de la scène médiatique. Seraient-ce les prémices d'un second marché des fils Twitter, à l'image du second marché des noms de domaines ?
En France, l'usurpation sur Twitter se développe aussi. Les personnalités politiques sont souvent la cible des cybersquatteurs, comme ce fut le cas récemment de Martine Aubry et du dalaï-lama. Mais les entreprises aussi sont menacées. Ainsi, un fil Twitter baptisé Voyages-SNCF n'envoyait qu'un seul message : « Site temporairement indisponible ». Pas très flatteur pour l'agence de voyage...
Comment faut-il réagir ? D'un point de vue juridique, les choses sont relativement claires. Il est interdit d'utiliser un nom ou une marque de manière illégitime, que ce soit dans Twitter, pour un blog ou pour un nom de domaine. Yoplait, par exemple, ne pourrait pas créer un fil Danone pour diffuser des informations sur ses yaourts. En revanche, les critiques de Danone auraient le droit de créer un fil « JedetesteDanone » pour diffuser leur avis sur les produits, car ils seraient dans le cadre de la liberté d'expression.
Pour autant, dans le cas d'une usurpation, les entreprises ne décident pas toujours d'aller au clash juridique. « Pour des raisons stratégiques ou économiques, une société peut préférer la négociation, notamment lorsque le cybersquatteur propose un prix inférieur au coût de procédure judiciaire. C'est un peu malheureux, car tant que les entreprises paieront, il y aura du cybersquatting », estime Eric Barbry, directeur du pôle Communications électroniques et droit chez Bensoussan Avocats.
Ceux qui ne veulent ni porter plainte, ni négocier, pourront toujours se tourner vers le site Twitter. Mais le succès peut être mitigé. « Vu sa taille, la société n'a pas, actuellement, les moyens de faire respecter ses propres règles, explique Benjamin Anseaume, chargé de mission à la CRCI de Haute-Normandie. En cas d'usurpation, Twitter peut couper le fil, mais il le fera alors définitivement, par facilité. Il ne sera donc plus possible à l'entreprise de récupérer le nom usurpé ».
Selon le chargé de mission, la meilleure stratégie consiste donc à être le premier dans la place et à réserver son nom dès que possible. A vos claviers !
















