Rachat de Sun par Oracle : faut-il avoir peur pour MySQL ?
L'annonce récente du rachat de Sun Microsystems par Oracle met la base de données open source dans une position délicate : MySQL, racheté par Sun l'année dernière, se retrouve maintenant dans le giron d'Oracle, le plus grand éditeur de SGBD propriétaire. La tentation doit être grande pour Oracle de tuer MySQL, ce concurrent dont les prix sont très inférieurs aux siens, car allant jusqu'à la gratuité.
Mais alors qu'Oracle s'adresse surtout aux applications critiques d'entreprise, MySQL est utilisé dans les applications Web, et par les start-up, au point de faire partie de la fameuse plate-forme libre et gratuite LAMP (Linux / Apache / MySQL / PHP-Perl-Python). Garder MySQL pourrait être pour Oracle une façon d'avoir une gamme plus large et de s'ouvrir le marché des start-up, au risque de voir à terme les clients d'Oracle passer à MySQL, réduisant ainsi le chiffre d'affaires du nouveau propriétaire.
Et si Oracle voulait tuer MySQL ?
Qu'est-ce que MySQL, au fond ? Un logiciel très largement utilisé dans le monde (11 millions de clients), un fichier client avec la liste de ceux qui ont un contrat de support, sans oublier les employés qui assurent le développement et la maintenance du logiciel, ainsi que la marque MySQL.
Chose assez peu courante, MySQL dispose d'un modèle dit dual license, c'est à dire que le code source est la propriété de MySQL, qui diffuse une version sous licence libre GPL, et une autre version sous licence propriétaire, pour les clients qui le souhaitent.
Si Oracle voulait tuer MySQL, il pourrait arrêter de mettre à jour la version sous GPL pour n'améliorer que la version propriétaire. Autre possibilité : arrêter tout développement, licencier la plupart des développeurs et se contenter d'honorer les contrats de maintenance des clients existants.
Un appel au rassemblement sous bannière GPL
Dans les deux cas, il y a toujours une version GPL (donc libre) disponible « dans la nature », avec son code source, et quiconque ayant les compétences peut travailler à améliorer le logiciel. Mais sur une base de code de cette ampleur, il faut une vraie communauté pour pouvoir faire avancer les choses. Qui pourrait rassembler et fédérer une telle communauté ? Qui dispose des compétences techniques, de l'expérience et de la réputation pour faire une chose pareille ? Un certain Michael Widenius, bien connu de la communauté MySQL vient de se porter volontaire.
Michael Widenius, mieux connu sous le pseudonyme de Monty, est à MySQL ce que Linus Torvalds est à Linux : le fondateur du projet. Monty signale sur son blog que l'acquisition de MySQL par Sun fut douloureuse en son temps, avec le départ de nombreux employés, et qu'il risque d'en être de même alors qu'Oracle rachète Sun. Il redoute de voir les contributeurs se « disperser aux quatre vents » et propose à Oracle ou aux futurs propriétaires de MySQL « de travailler de façon à ce que continue d'exister une version gratuite de MySQL, développée de façon ouverte, en qui les clients, utilisateurs et développeurs de MySQL ont confiance ».
Ainsi, même si Oracle ne semblait pas prendre le leadership sur MySQL, cela n'empêcherait pas le produit d'avoir un avenir, avec Monty aux commandes, aidé par les développeurs qui ont quitté le projet au fil des rachats par Sun et Oracle. Une seule condition : changer de nom, la marque MySQL restant la propriété d'Oracle...
Tristan Nitot
Tristan Nitot est une personnalité emblématique du monde de l'open source. Il est le fondateur et l'actuel président de Mozilla Europe, connu pour son navigateur Web Firefox. Il est également un des initiateurs du projet de documentation libre Openweb.eu.org, qui vise à promouvoir les standards du Web et son accessibilité afin de le rendre utilisable par tous. Tristan Nitot, qui a mené une partie de sa carrière chez Netscape, tient également un blog depuis 2002 sur Standblog.org.

Avis sur «Rachat de Sun par Oracle : faut-il avoir peur pour MySQL ?»
OpenSource = pérénité.
de
Remi123456
, posté le 27 avril 2009 à 19h44
Oui, si cet article illustre bien un problème lié aux logiciels propriétaires, on peut se rassurer car le modèle OpenSource offrira toujours une porte de sortie (un fork)
Il en existe déjà 1 : drizzle.
+
P.S. : http://planetdrizzle.org/
Il en existe déjà 1 : drizzle.
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P.S. : http://planetdrizzle.org/
pérénité
de
DarkVenoM
, posté le 28 avril 2009 à 13h49
Dans la théorie oui, un logiciel libre peut toujours être maintenu, mais dans la pratique pas forcément, un logiciel libre peut très bien mourrir, tout simplement parce qu'aucune entreprise n'investit dedans et qu'aucune communauté ne soutient le logiciel.
@DarkVenoM
de
~RV~
, posté le 28 avril 2009 à 14h43
Vous avez tout à fait raison, je confirme ... d'ailleurs cela m'est déjà arrivé : j'ai été victime d'une application critique basée sur une plateforme OS qui est tombée à l'abandon ... eh ben c'était pas de la tarte à maintenir ! Résultat : j'ai fini par tout redévelopper sur de nouvelles bases.
"OpenSource = pérénité" c'est une idée à l'emporte-pièce complètement fausse, et pourtant c'est pas Bill Gates mais un développeur qui bosse essentiellement avec des projets libres et qui y contribue régulièrement qui vous le dit.
"OpenSource = pérénité" c'est une idée à l'emporte-pièce complètement fausse, et pourtant c'est pas Bill Gates mais un développeur qui bosse essentiellement avec des projets libres et qui y contribue régulièrement qui vous le dit.
Mr.
de
MeilleurSGBDduMonde
, posté le 28 avril 2009 à 16h31
Difficile d'imaginer que MySQL "tombe à l'abandon" avec 12 million d'installations, 65000 téléchargements par jour et surtout un fondateur riche et prêt à défendre son bébé !
et pourtant...
de
DarkVenoM
, posté le 28 avril 2009 à 18h57
Et pourtant, Media player classic un logiciel qui étaient incontournable il y a quelques années dixit framasoft "http://www.framasoft.net/article1479.html"semble aujourd'hui marcher au ralenti, la derniere version du logiciel date de 2007...
PostgreSQL
de
MCMic
, posté le 27 avril 2009 à 23h25
Cela risque aussi de profiter à PostgreSQL.
Il est il me semble supérieur sur certains points, et il est également libre.
Il est il me semble supérieur sur certains points, et il est également libre.
Postgre = Oracle
de
mhausherr
, posté le 02 mai 2009 à 13h44
En fait postgre appartenait aussi à Sun et ce depuis plus longtemps.
Le problème est donc le même voir pire vu que Sun avait déjà prévu de négliger postgre.
Le problème est donc le même voir pire vu que Sun avait déjà prévu de négliger postgre.
Tokyo Cabinet
de
sylware
, posté le 28 avril 2009 à 10h32
Le coût logiciel d'un moteur SQL est délirant par rapport au confort qu'il apporte.
Je préfère être un peu moins confortable dans le dèv et ne pas assumer la taille/complexité/saleté d'un moteur SQL.
C'est le bon moment pour remettre en question l'utilisation des moteurs SQL.
Je préfère être un peu moins confortable dans le dèv et ne pas assumer la taille/complexité/saleté d'un moteur SQL.
C'est le bon moment pour remettre en question l'utilisation des moteurs SQL.
moteur sql
de
DarkVenoM
, posté le 28 avril 2009 à 13h41
Tu conseillerais les bases de données orientés objets style db4o ?
Rien que ça ?!
de
~RV~
, posté le 28 avril 2009 à 14h50
MySQL a été racheté, c'est le bon moment pour changer complètement le boulot des 2/3 des développeurs du monde, refaire les 3/4 des applications, convertir des milliards de données, adopter des concepts qui n'ont jamais pris, et réinventer la roue ... elle est bien bonne celle-là !
Si SQL et les bases de données relationnelles sont autant utilisées, c'est peut-être parce qu'il y a de bonnes raisons ? Non ?
Si SQL et les bases de données relationnelles sont autant utilisées, c'est peut-être parce qu'il y a de bonnes raisons ? Non ?
Et oui
de
DarkVenoM
, posté le 28 avril 2009 à 18h49
Une bonne partie des développeurs sont effectivement des cons qui n'essayent pas de voir plus loin que le bout de leur nez... "http://www.bodysplash.fr/index.php?post/2009/03/16/La-prolétarisation-dans-les-sociétées-informatiques" cet article écrit vaut ce qu'il vaut mais décrit assez bien le fond de ma pensée.
Les bases de données relationnelles sont utilisées depuis très longtemps, c'est pour ça que les gens les utilisent, elles ont une certaines fiabilité et une crédibilité (dans le cas d'oracle notamment) qui peut rassurer certaines entreprises. Cela dit elles sont des inconvénients, beaucoup de programmes sont orientés objets et il est difficile de persister objet, cela passe par des ORM difficiles a utiliser et qui impliquent des problèmes de performances lorsqu'ils sont mal utilisés. L'avantage des bases de données orientés objets et d'affranchir le développeur de ce genre de problèmes, sans être la solution miracle db4o (pour ne citer qu'elle) semble être une alternative intéréssante aux sgbdr traditionnelles. L'inconvénient est le traitement des données, je n'ai pas vu comment on pouvait traiter et consulter les données en dehors d'un logiciel Java/.Net avec des bases de données orientés objets. Cet inconvénient peut évidement etre très génant dans certains cas.
Les bases de données relationnelles sont utilisées depuis très longtemps, c'est pour ça que les gens les utilisent, elles ont une certaines fiabilité et une crédibilité (dans le cas d'oracle notamment) qui peut rassurer certaines entreprises. Cela dit elles sont des inconvénients, beaucoup de programmes sont orientés objets et il est difficile de persister objet, cela passe par des ORM difficiles a utiliser et qui impliquent des problèmes de performances lorsqu'ils sont mal utilisés. L'avantage des bases de données orientés objets et d'affranchir le développeur de ce genre de problèmes, sans être la solution miracle db4o (pour ne citer qu'elle) semble être une alternative intéréssante aux sgbdr traditionnelles. L'inconvénient est le traitement des données, je n'ai pas vu comment on pouvait traiter et consulter les données en dehors d'un logiciel Java/.Net avec des bases de données orientés objets. Cet inconvénient peut évidement etre très génant dans certains cas.
Merci enfin du bon sens
de
Ghostwalker
, posté le 29 avril 2009 à 23h38
Je vais être assez réducteur en mettant un +1 à cette proposition d'utiliser des bases de données orienté objet.
Depuis que l'informatique existe on se disperses de manière empirique sans évolué alors que de nouvelle opportunité et de nouvelle technologie sont là.
Ils seraient temps qu'un jour on se remette en question technologiquement parlant.
-> Ghostwalker
Depuis que l'informatique existe on se disperses de manière empirique sans évolué alors que de nouvelle opportunité et de nouvelle technologie sont là.
Ils seraient temps qu'un jour on se remette en question technologiquement parlant.
-> Ghostwalker
+1 pour les moteurs modernes SQL-free
de
nexacorp
, posté le 22 mai 2009 à 00h46
Tokyo Cabinet, mais aussi Redis, MongoDB, CouchDB, Persevere, Flare, Luxio, Project Voldemort, ... sont d'excellentes alternatives modernes au usines à gaz SQL.
Le problèmes est qu'elles s'adressent aux développeurs.
Les personnes qui ne sont pas développeurs ou qui débutent sont perdues si elles n'ont pas leur PHPMyAdmin et leur code PHP avec des requêtes SQL. Il y a aussi beaucoup de personnes qui ne veulent pas évoluer, ou qui y sont forcées car elles doivent maintenir du vieux code.
Mais il est évident que pour du nouveau code, le choix d'un moteur SQL de nos jours tient davantage de l'ignorance qu'autre chose.
Le problèmes est qu'elles s'adressent aux développeurs.
Les personnes qui ne sont pas développeurs ou qui débutent sont perdues si elles n'ont pas leur PHPMyAdmin et leur code PHP avec des requêtes SQL. Il y a aussi beaucoup de personnes qui ne veulent pas évoluer, ou qui y sont forcées car elles doivent maintenir du vieux code.
Mais il est évident que pour du nouveau code, le choix d'un moteur SQL de nos jours tient davantage de l'ignorance qu'autre chose.
Et Ingres !
de
the phoenix
, posté le 28 avril 2009 à 12h22
Il ne faut pas non plus oublier Ingres qui est un con concurrent de MySQL sous double licence GPL/propriétaire. D'ailleurs, il ne faut pas oublier que PostgreSQL signifie Post Ingres SQL.
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