Google mise sur les services téléphoniques en Inde
01net.
le 27/04/2009 à 15h25
Planète IT
En direct de New Delhi, de Pékin et de San Francisco, nos chroniqueurs livrent chaque semaine leur regard amusé, admiratif ou critique sur la high-tech saveur locale.
Quand on est Google, numéro un mondial des services sur Internet, on ne peut que convoiter le marché indien et ses 1,1 milliard de consommateurs potentiels. Mais les ambitions du groupe se heurtent à un menu problème : les Indiens, contrairement à ce que l'on croit souvent, sont extrêmement peu connectés au Web. Selon une étude du cabinet d'analyses économiques Indian Council for Research on International Economic Relations (ICRIER), la pénétration d'Internet était l'année dernière d'environ 1 % de la population. Pire encore, le haut débit ne concernait que 0,4 % des Indiens. Dérisoire…
Sale coup pour Google, donc : si les fameuses classes moyennes, qui ne rêvent que de consommer, ne vont pas surfer sur la Toile, comment vont-elles utiliser les services du moteur de recherche – et voir du même coup les lucratives publicités qui font sa fortune ?
Il en faudrait plus pour arrêter Google. Les experts du groupe américain se sont astucieusement demandé : « Mais si les Indiens ne vont pas sur Internet, que font-ils ? » Et la réponse leur a sauté aux yeux : ils utilisent leur téléphone mobile. La même étude de l'ICRIER montre en effet que la pénétration de la téléphonie mobile était au même moment de 27 % – et elle augmente à toute vitesse. Euréka ! C'est donc sur le mobile que Google va déployer ses services ici.
Aussitôt dit, presque aussitôt fait : le groupe met actuellement en place des services pilotes dans quelques grandes villes, comme Delhi, Bombay ou Bangalore. Entièrement gratuits, ils permettent par exemple de poser des questions oralement sur son téléphone (pour trouver une adresse de restaurant, etc.) et de recevoir selon les cas des réponses orales ou par SMS. Google teste à la fois des services assurés par des opérateurs humains et des systèmes automatiques de reconnaissance vocale. Pour le moment, cette dernière technique ne fonctionne que pour l'anglais. Google espère bien la développer massivement, mais le défi est gigantesque, du fait du nombre de langues pratiquées en Inde – plusieurs dizaines de langues officielles – et de l'extrême variété des accents.