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En matière d'emploi de personnes handicapées, certains acteurs du monde de l'informatique comme IBM, Thales ou Bull sortent du lot, avec un engagement qui remonte déjà à plusieurs années et des résultats concrets sur le terrain. Ainsi, chez IBM, le taux d'emploi de personnes handicapées est de 3,5 %.
Malheureusement, ces cas ne reflètent pas la réalité du secteur. Loin de là. Dans les entreprises informatiques, les personnes handicapées représentent 0,58 % des effectifs, alors que la loi impose un taux de 6 % (pour les sociétés de vingt salariés et plus). Ces sociétés sont aussi à la traîne par rapport aux autres entreprises privées françaises, où ce même taux atteint 2,9 %. Tels sont les principaux constats de la conférence organisée par Ariane Conseil hier matin, 28 avril, à Paris, en partenariat avec le magazine Handirect (qui consacre un numéro spécial à l'informatique), sur l'emploi de personnes handicapées dans ce secteur.
Plusieurs raisons expliquent ce retard. « Dans les PME, les actions de l'Agefiph* sont à peine connues. Du coup, ces entreprises ne font même pas appel aux aides dont elles pourraient bénéficier et se tournent aussi très peu vers le secteur protégé », affirme Sylvain Gachet, directeur des grands comptes de l'Agefiph. Elles peuvent pourtant remplir une partie de leur obligation d'emploi de personnes handicapées en sous-traitant avec ce secteur, qui comprend par exemple des SSII et des sociétés de démantèlement du matériel informatique.
Autre frein, la pénurie de candidats handicapés : 80 % d'entre eux ont un niveau inférieur au bac, alors que le secteur informatique recrute majoritairement des bac + 5 et qu'il compte dans ses effectifs près de trois quarts de bac + 2 ou plus, selon Ariane Conseil. Sans compter la concurrence avec les autres secteurs, eux aussi en quête de ces profils.
Enfin, les réticences sont aussi d'ordre culturel. Les stéréotypes demeurent : peut-on recruter des personnes handicapées pour des métiers aussi exigeants que les nôtres ? résoudre les problèmes d'accessibilité et de déplacement ? placer un travailleur handicapé chez le client ? Autant d'interrogations renforcées par une culture de la performance et du résultat.
Pour autant, les choses avancent. Le plus dur, rappelle un intervenant dans le public, est de se lancer, et la loi Handicap 2005 ainsi que l'instauration de politiques citoyennes dans les entreprises ont contribué à accélérer la prise de conscience. Certaines entreprises du secteur – comme Steria, Assystem ou Devoteam – ont signé, ou s'apprêtent à le faire, des conventions (de un à deux ans). D'autres comme Cap Gemini, Atos Origin Infogérance, Logica, Dell, HP ou Dassault Systèmes ont déjà conclu des accords (pour trois ou cinq ans).
L'une des pistes avancées, lors de cette conférence, pour encourager l'emploi des personnes handicapées concerne le recrutement et surtout le « sourcing », pour reprendre un terme du jargon RH qui signifie la recherche de candidats. Ces dernières années, les méthodes de sourcing se sont bien diversifiées, comme en témoigne la floraison de sites spécialisés pour les personnes handicapées. Les entreprises multiplient aussi les actions auprès des universités et des écoles, à l'image des forums de recrutement spécialisés. L'incitation à la cooptation et les contrats en alternance sont d'autres moyens – originaux – de favoriser l'embauche de ces candidats. Et, dans l'entreprise, former les recruteurs peut les aider à changer leurs habitudes.
La formation reste en effet un levier important pour aller plus loin dans l'insertion de ces personnes. C'est le pari d'Atos Origin, par exemple, qui forme des candidats durant six ou sept mois à ses métiers, ou de Dassault Systèmes, qui propose aux étudiants ou demandeurs d'emploi handicapés de suivre gratuitement une formation à l'utilisation de la 3D. Certains candidats issus de filières non informatiques (langues étrangères, etc.) peuvent aussi très bien être convertis à ce domaine…
* Association de gestion du fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées.
















