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En direct de New Delhi, de Pékin et de San Francisco, nos chroniqueurs livrent chaque semaine leur regard amusé, admiratif ou critique sur la high-tech saveur locale.
Rentrer travailler en Inde après plus de trente ans de carrière à l'étranger ? C'est ce qu'a fait, voici dix-huit mois, Mukesh Aghi, aujourd'hui patron des activités de Steria en Inde. Pourquoi une telle décision ? « Trois raisons, affirme-t-il. D'abord, la très forte croissance de l'Inde. Ensuite, un grand besoin d'Indiens internationaux pour venir aider à transformer les entreprises indiennes en entreprises globales. Enfin, les enfants étant adolescents et ayant vécu au Japon et aux Etats-Unis, l'envie de leur transmettre le sens de leur culture. »
De son côté, Gopi – informaticien de haut vol – est aussi revenu en Inde il y a six mois, après huit années passées à Singapour pour des raisons à la fois professionnelles et personnelles. Entre une femme qui attendait un bébé et qui voulait l'avoir au pays, la crise qui affecte sévèrement Singapour et les nombreuses opportunités de carrière en Inde, il est rentré sans hésitation…
Pour Gopi comme pour Mukesh, le retour des Indiens dotés d'une expérience internationale se fait dans d'excellentes conditions pour les inciter à en faire profiter les entreprises locales. « Les salaires sont désormais au même niveau qu'à l'étranger pour les cadres expérimentés », note Mukesh Aghi. Entre les conditions financières offertes et le gain en pouvoir d'achat lié au faible coût de la vie en Inde, « j'ai beaucoup plus qu'à Singapour », confie Gopi.
Dans les deux cas, ces cadres internationaux de l'informatique ont été confrontés, en revenant dans leur pays, à un certain « choc des cultures ». « C'est très intéressant de venir ici travailler à changer les mentalités (pour adapter les entreprises à un contexte international), souligne le patron de Steria en Inde. Il y a des défis à relever, mais aussi beaucoup de satisfactions. » Gopi, pour sa part, se dit frappé par l'amélioration qu'il constate dans les habitudes de travail en Inde, huit ans après son départ. « Il y a maintenant ici les mêmes standards qu'à l'étranger », souligne-t-il, tout en reconnaissant qu'il doit mener à bien une véritable adaptation culturelle.
Rentrer au bercail ne les empêche pas d'être à la fois Indiens et citoyens du monde. Mukesh Aghi a d'ailleurs aujourd'hui deux domiciles : un à New Delhi et un à Palo Alto, en Californie. Tous deux le constatent : de plus en plus de leurs collègues sont prêts à faire ce choix du retour. « C'est une tendance de fond, affirme Gopi, beaucoup de mes camarades d'école sont en train de rentrer. »
Certains, il faut bien le dire, pas par choix, après un licenciement ou un non-renouvellement du visa, par exemple. Quoiqu'il en soit, les experts sont unanimes : dans les années à venir, les entreprises indiennes des technologies de l'information vont considérablement profiter de ces nombreux retours de cadres internationaux.
















