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On pourrait les appeler les « SBF », les « Sans Bureau Fixe ». Des professionnels en galère, qui migrent de bureau en bureau, dans l'espoir un jour de pouvoir se fixer. De qui parle-t-on ? Des fameux « nomades » en entreprises ? Non, tout simplement des jeunes entrepreneurs.
En effet, la recherche d'un bureau de travail est l'un de principaux problèmes auxquels un créateur d'activité est rapidement confronté. N'ayant pas encore de revenus, il lui est impossible de présenter des garanties suffisantes à des bailleurs classiques. Les pépinières d'entreprises, c'est sympa, mais très sélectifs. Quant aux bureaux à la demande, tels que les propose Regus, c'est un peu cher. Résultat : pour beaucoup d'entrepreneurs, le début d'activité commence sur le canapé du salon, entre la télé et la table à manger. Ce qui ne favorise pas vraiment l'entrain professionnel.
Pour améliorer cette situation, deux entrepreneurs du domaine alimentaire – Michel et Augustin – ont créé l'association Bureau d'Ambroise, en référence à un de leurs amis « SBF ». L'idée : permettre aux jeunes entrepreneurs d'être hébergés par une entreprise bienveillante et bénévole qui dispose d'un bureau vacant et disponible. « L'entreprise doit pouvoir proposer un bureau, une ligne téléphonique et un accès à Internet et, si possible, permettre l'accès aux machines bureautiques, explique Morgane Tenoux, responsable de l'association Bureau d'Ambroise. De son côté, l'entrepreneur verse 200 euros : 100 pour Bureau d'Ambroise et 100 pour l'association Bouée d'Espoir. »
Pas question, évidemment, de prendre racine à la manière d'un Tanguy. Le squat professionnel est limité à trois mois, renouvelable une fois. « C'est le temps qu'il faut pour avoir ses premiers revenus et pouvoir se fixer ailleurs, explique Alexandra Gauquelin, DG de Profile PR et membre de Bureau d'Ambroise. Moi-même, j'ai démarré chez moi, en tant que freelance. Seule, on perd vite la créativité. »
Mais pourquoi les entreprises fourniraient-elles gratuitement des bureaux ? Et d'où viennent tous ces bureaux vacants ? « C'est de l'entraide entre entrepreneurs qui ont connu la même galère, explique Nicolas Vambremeersch, fondateur de Spintank et membre de Bureau d'Ambroise. Et les bureaux vacants, c'est assez fréquent, surtout dans les entreprises en forte croissance comme les start-up high-tech. Quand elles signent enfin un vrai bail, c'est au minimum pour trois ans. Du coup, elles prévoient large. Il n'est donc pas rare qu'elles se retrouvent avec des bureaux libres pendant des mois, voire des années. »
A ce jour, l'association propose déjà une trentaine de bureaux vacants. Dix entrepreneurs ont déjà pu être logés, cinquante autres ont déposé une demande. Même l'Etat commence à s'y intéresser. Laurent Wauquiez, secrétaire d'Etat à l'Emploi, a non seulement inauguré le Bureau d'Ambroise, mais songerait également à associer le Pôle Emploi à cette initiative. A suivre.
















