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L'encre solide va-t-elle enfin réussir à percer sur le marché de l'impression ? Xerox en est persuadé. Le fabricant américain lance aujourd'hui aux Etats-Unis une nouvelle gamme de copieurs multifonctions (1) haut de gamme dotés d'une version améliorée de sa technologie à encre solide.
Ces nouveaux modèles se distinguent par l'utilisation de bâtonnets d'encre solide, très faciles à changer, qui ressemblent à des crayons. L'impression consiste à faire fondre ces bâtonnets et à projeter avec précision sur le papier les microgouttelettes d'encre ainsi obtenues.
Outre la facilité de la maintenance, un second atout de la technologie à encre solide est qu'elle réduit considérablement les déchets liés aux consommables. Les cartouches fondent pendant leur utilisation et l'imprimante génère ainsi 10 fois moins de déchets qu'un copieur à cartouche laser équivalent.
Xerox affirme que sa technologie permet de réduire les coûts d'impression de 62 % par rapport à des copieurs laser similaires. Selon le constructeur, la différence s'explique essentiellement par une conception plus simple du matériel. « Par rapport aux technologies laser, les imprimantes à encre solide nécessitent beaucoup moins de pièces », explique Patrick Mazeau, responsable de l'innovation client au centre de recherche de Xerox.
Aujourd'hui, le coût moyen d'une impression en encre est estimé à 2 centimes d'euro en noir et blanc et 8 centimes d'euro en couleur. Xerox affirme que sa technologie permet d'atteindre les 3 centimes d'euro en couleur.
L'impression à encre solide n'est pas une idée nouvelle puisqu'elle est commercialisée depuis les années 90. Xerox, qui utilise une technologie héritée du rachat de Tektronics en 2001, est aujourd'hui le seul fabricant à la proposer.
Il commercialise depuis la fin de 2007 une gamme de petites imprimantes à encre solide (gamme Phaser) dont les promesses étaient sensiblement identiques à celles affichées aujourd'hui par la gamme ColorQube.
Mais le succès n'a, semble-t-il, pas été au rendez-vous. Pourquoi l'encre solide n'a-t-elle pas réussi à convaincre ?
Le segment de marché visé par les premières imprimantes à encre solide de Xerox n'était pas son cœur de métier. Les modèles commercialisés depuis la fin de 2007 sont des petites imprimantes qui coûtent entre 3 000 et 5 000 dollars et sont destinées aux entreprises souhaitant imprimer 10 000 pages par mois tandis que les copieurs ColorQube 9200 coûtent 23 000 dollars pièce et s'adressent aux entreprises qui souhaitent imprimer jusqu'à 300 000 pages par mois.
Qui plus est, Xerox reconnaît qu'il a considérablement amélioré sa technologie ces dernières années. « Nous avons réduit la taille des buses qui délivrent les microgouttelettes. Elles sont aujourd'hui plus nombreuses et plus rapprochées, ce qui fait gagner en vitesse et en qualité. Qui plus est, les matériaux ont été améliorés : on peut très bien écrire sur les impressions et il n'y a pas du tout de phénomène d'écaillage sur les bords lors d'une découpe », explique Patrick Mazeau.
Un inconvénient sérieux des premières imprimantes à encre solide était leur forte consommation électrique liée à la nécessité de faire fondre l'encre. Les premiers utilisateurs se plaignaient de délais de démarrage trop longs (10 minutes avant la première impression) et regrettaient de devoir laisser leur imprimante allumée en permanence afin de maximiser le rendement des cartouches d'encre (même lorsqu'on n'imprime pas, l'imprimante doit chauffer l'encre afin d'être prête à imprimer, ce qui augmente la consommation d'énergie).
« Les nouveaux modèles ont des systèmes de chauffage de lampe beaucoup plus rapides et les points de fusion des encres ont été abaissés. La mise en place d'une veille intelligente permet d'atteindre des consommations inférieures à celles mesurées sur des équipements laser couleur équivalents », explique Patrick Mazeau.
Selon Xerox, la ColorQube consommerait ainsi 9 % d'énergie en moins pendant sa durée de vie qu'une imprimante laser similaire. En France, le nouveau copieur de Xerox ne sera pas disponible avant septembre prochain. Un délai qui devrait permettre de savoir d'ici là si l'encre solide tient enfin ses promesses.
(1) La ColorQube combine les fonctions d'imprimante, de fax, de scanner et de photocopieur. Elle peut évidemment être partagée en réseau.
















