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En direct de New Delhi, de Pékin et de San Francisco, nos chroniqueurs livrent chaque semaine leur regard amusé, admiratif ou critique sur la high-tech saveur locale.
Pour les opérateurs indiens de taxis et de minibus, le ralentissement de l'activité dans l'informatique est une catastrophe. Quel rapport ? Les SSII et autres centres d'appel des entreprises de sous-traitance sont d'énormes consommateurs de services de transport pour assurer le déplacement de leurs salariés. Et en temps de crise, ils sabrent dans les coûts...
Avez-vous lu le roman Une nuit@thecallcenter de Chetan Bhagat publié aux éditions Stock ? Si oui, vous savez à quel point les trajets effectués dans des minibus en pleine nuit, du fait d'horaires décalés, prennent une place importante dans la vie des jeunes salariés de la high-tech (et si vous ne l'avez pas lu, faites-le : c'est un excellent petit roman qui en dit long sur le mode de vie des jeunes Indiens « modernes » d'aujourd'hui).
Les employeurs n'ont guère le choix : il leur faut fournir à leurs salariés les moyens de venir travailler. D'une part, parce qu'il n'y a souvent aucun transport public pour se rendre dans les campus high-tech en lisière des grandes villes. Et d'autre part, pour des raisons de sécurité, de nombreux trajets étant effectués de nuit.
Et il ne s'agit pas d'un petit business. L'association qui regroupe les transporteurs travaillant pour les centres d'appel de la ville de Pune, près de Bombay, représente plus de 7 000 taxis et 350 autocars ! Et Pune est loin d'être la ville la plus importante en la matière.
Mais comme les temps sont durs, les beaux jours où les SSII faisaient faire du quasi sur-mesure aux taxis en fonction des besoins de leurs salariés sont terminés. Désormais, se plaint un propriétaire de gros monospace, « nous sommes obligés de prendre neuf clients à la fois au lieu de sept ». Les entreprises cherchent aussi à remplacer de nombreux taxis par quelque bus, ce qui rallonge les temps de trajet des salariés. Et bien entendu, les sommes versées aux transporteurs sont renégociées unilatéralement à la baisse.
Résultat : sur les 7 000 chauffeurs de taxi adhérents de l'association de Pune, 3 000 sont en chômage technique... Et un peu partout dans le pays, les transporteurs signalent des baisses de chiffre d'affaires de l'ordre de 30 %.
















