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Dans un long entretien accordé aux journalistes de l'agence Reuters, le président d'Oracle, Larry Ellison, a tenu à réaffirmer son intérêt pour l'ensemble du matériel de Sun. Lors de l'annonce du rachat, l'accent avait surtout été mis sur Solaris et Java, ce qui pouvait laisser penser que l'éditeur de la base de données n'était pas aussi motivé par la reprise d'un constructeur de serveurs.
Bien au contraire : Larry Ellison a assuré vouloir garder l'ensemble du catalogue de Sun, des serveurs Sparc jusqu'aux baies de disques en passant par les bibliothèques de bandes. « Alors que la plupart des spécialistes du hardware réalisent de faibles marges, des entreprises comme Apple et Cisco profitent de marges très élevées parce qu'elles conçoivent leurs matériels et leurs logiciels conjointement. […] C'est ce qui explique que l'iPhone est si supérieur aux téléphones sous Microsoft », a-t-il déclaré, taclant au passage l'éditeur de Redmond.
En particulier, l'accent va être mis sur les processeurs Sparc et Sparc 64, réalisés en collaboration avec Fujitsu pour ses machines RISC haut de gamme : « Nous voulons travailler avec Fujitsu pour mettre au point des fonctions avancées dans les microprocesseurs Sparc dans l'objectif d'augmenter les performances de la base Oracle. Selon moi, cela permettra aux mainframes ouverts Sparc-Solaris de remettre en question la domination d'IBM dans le datacenter », a indiqué le patron d'Oracle.
Encore faut-il que l'acquisition soit menée à son terme ! Depuis quelques jours, des procédures juridiques ayant été lancées pour entraver cette acquisition. Trois actionnaires ont en effet intenté un procès de type « class action » auprès de la SEC (Securities and Exchange Commission, le gendarme de la Bourse américaine) contre Sun, contre les membres de son conseil d'administration et contre Oracle Corporation.
Ayant recu 9,5 dollars par action, ils considèrent avoir été lésés dans l'opération, estimant que celle-ci était « injuste et inadéquate ». Il faut préciser que ce type de procédure est monnaie courante aux Etats-Unis et que, selon de nombreux observateurs, elle a peu de chance d'aboutir sur un quelconque succès.
Dans le même temps, Sun a admis avoir enfreint l'US Foreign Corrupt Practice Act, une loi portant sur les pratiques de corruption à l'étranger, tout en précisant qu'il avait mis en place des mesures correctives et que, au moment du rachat, Oracle était au courant de ces entorses. Le constructeur risque une amende, qui pourrait s'élever à plusieurs dizaines de millions de dollars. De quoi augmenter encore un peu le prix d'acquisition. Mais nul doute que l'éditeur a les moyens de payer cette amende.
















