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En direct de New Delhi, de Pékin et de San Francisco, nos chroniqueurs livrent chaque semaine leur regard amusé, admiratif ou critique sur la high-tech saveur locale.
Vous en avez peut-être entendu parler, Google China vient de lancer un nouveau service d'écoute et de téléchargement de musique en ligne gratuit. Payés par la publicité, les grands producteurs, comme Sony ou Warner, ont ouvert leurs catalogues aux internautes chinois sur Google pour offrir des MP3 gratuits et 100 % légaux. L'idée étant de contrer le n° 1 des moteurs de recherche en Chine, Baidu, qui propose le même service depuis longtemps, mais en mode totalement pirate !
Pour Zhang Xiaolong, employé de Baidu, l'aspect légal n'est pas vraiment un enjeu, même si l'entreprise est régulièrement traînée devant la justice chinoise par l'industrie musicale internationale. Sans résultats, pour le moment… « Je ne crois pas que les internautes chinois vont vraiment faire attention à la légalité du téléchargement. Cela fait des années que tout le monde écoute des MP3 pirates, regarde des DVD illégaux ou utilise des copies de téléphones mobiles. Si le service est meilleur, ils iront sur Google. »
C'est d'ailleurs ce que disent les utilisateurs chinois, déjà sensibles aux efforts du géant américain. A l'image de la fille de mon voisin de palier, une adolescente de 16 ans fan de pop locale. « Ce service Google est génial. Il se souvient de mes chansons préférées, me permet d'écouter des albums complets, la qualité est bonne. Sur Baidu, les liens sont parfois morts ou pointent vers des chansons que je n'ai pas cherchées. A chaque écoute, il faut ouvrir au moins deux pop-up. C'est vraiment moins bien. »
Coup dur pour Baidu, qui ne peut pas proposer un service aussi fluide sans passer des accords avec les maisons de production. Pas facile, en effet, d'offrir des albums entiers et de garantir la qualité quand on fait des liens vers… des liens pirates (« deeplinking »), par définition incontrôlables. « On est en train d'élaborer des accords avec les sociétés de production et de revoir notre offre musicale. La recherche MP3 est un business important pour Baidu, car elle attire beaucoup de trafic et booste nos revenus liés à la publicité », précise Zhang Xiaolong.
Fascinant vu de l'Occident ! L'aspect « en règle » de Google China n'est pas ici un argument de vente, mais il force Baidu à réagir pour ne pas subir une hémorragie d'utilisateurs. Preuve qu'en Chine mieux vaut choisir la voie du milieu (gagner moins mais quand même un peu) que l'attaque frontale en pénal !
















