Open source : la transparence, facteur de confiance
Dans mon dernier billet, après avoir demandé à mes collègues pourquoi ils avaient choisi Linux plutôt que Windows ou Mac, j'en étais arrivé à une double conclusion : les gains de productivité d'une part, et le plaisir d'autre part. On avait bien évoqué la notion d'ouverture du code, mais sans pour autant mettre en avant un exemple concret. Coup sur coup, je viens de trouver deux exemples flagrants où l'ouverture du code est essentielle.
La première, c'est l'Etat de Géorgie qui se méfie de l'antivirus Kaspersky, parce que la société est russe et que cela pose des problèmes d'espionnage, compte tenu de la situation tendue entre les deux pays.
Il est vrai qu'un antivirus propriétaire, parce qu'il est connecté à Internet, peut facilement chercher des données confidentielles pour les transmettre à l'extérieur. On notera que ça n'est pas la première fois qu'un logiciel propriétaire est soupçonné d'espionner ses utilisateurs, on se souviendra des soupçons non confirmés envers une clé bizarrement nommée dans Windows (qu'on attribuait probablement à tort à la sulfureuse agence américaine NSA) et à la méfiance engendrée par Skype dans les universités françaises.
Le second exemple où la transparence est importante nous est rapporté par Bruce Schneier, un expert en sécurité très en vue aux Etats-Unis. Il concerne un alcootest électronique, dont le code embarqué – propriétaire – s'est révélé de très mauvaise qualité. Le souci, c'est que le détecteur est utilisé par les forces de police dans leur mission. Un défaut dans le logiciel peut mener à des injustices.
Bruce Schneier explique que la transparence offerte par le fait que le code source soit public est essentielle dans cet environnement. On peut citer d'autres exemples, comme les fameuses machines à voter, boîtes noires de la démocratie ( l'Irlande vient de mettre les siennes au rebut, faute de fiabilité), ou encore les mouchards annoncés dans le cadre de la loi Hadopi, qui peuvent mener à la coupure d'accès à Internet. Comme l'explique Bruce Schneier, à partir du moment où l'enjeu est important (élections, décisions de justice), il faut être sûr que le logiciel qui aide à la prise de décision soit transparent, et qu'on puisse le compiler soi-même pour être sûr que le code source qu'on analyse est bien celui qu'on exécute. Cela implique en substance que le logiciel en question soit libre.
Bien sûr, tous les fournisseurs ne sont pas prêts à payer le prix de la transparence, ne serait-ce que parce qu'il est parfois inconfortable d'être scruté par les clients, mais nombreuses sont les entreprises qui font le pari de l'open source, parce qu'il permet de toucher plus de clients. Espérons qu'il en soit de même pour tout ce qui touche à la justice et aux élections ! La liberté et la confiance des citoyens sont à ce prix.
Tristan Nitot
Tristan Nitot est une personnalité emblématique du monde de l'open source. Il est le fondateur et l'actuel président de Mozilla Europe, connu pour son navigateur Web Firefox. Il est également l'un des initiateurs du projet de documentation libre Openweb.eu.org, qui vise à promouvoir les standards du Web et son accessibilité afin de le rendre utilisable par tous. Tristan Nitot, qui a mené une partie de sa carrière chez Netscape, tient également un blog depuis 2002 sur Standblog.org.
dogmatisme
de
golgote12
, posté le 19 mai 2009 à 10h07
La géorgie ne veut pas de cet antivirus parce qu'il est russe, non pas parce qu'il est propriétaire. De même, les gens utilisent mac ou linux parce que windows ne leur convient pas, pas parce qu'il est propriétaire. Vous mélangez tout, votre article est un bel exemple de dogmatisme.
où ça?
de
jd2026
, posté le 19 mai 2009 à 10h43
Aujourd'hui, la Georgie dit: "nous n'utilisons pas ce programme car c'est p-e un programme espion", ce qui est en soi légitime. Or, si ce programme était libre, le code source serait disponible, et on pourrait garantir que celui-ci ne fait pas d'espionnage. (éventuellement, la Georgie dirait "çay russe, ça pue", mais ce n'est plus légitime).
Personellement, Windows ne me convient pas parce que ... il est propriétaire. J'ai remarqué que 95% de mes problèmes informatiques étaient dus, au final, au fait que j'utilisais des programmes proprio (incompatibilité entre fichiers ou entre protocoles, absence de transparence dans le fonctionnement, configuration rigide, souvent aucune solution en cas de problèmes, ...)
Finalement, on a vite fait de taxé de "dogmatique" dès qu'on a le malheur de dire du bien du logiciel libre. Effectivement, il existe du dogmatisme dans le libre, mais ici, M. Nitot ne force personne à passer au libre, ni ne prétend que les logiciels propriétaires n'ont aucune qualité. Moi, j'aime bien le vélo parce qu'il permet de passer partout. Est-ce que cela fait de moi un dogmatique du vélo?
Personellement, Windows ne me convient pas parce que ... il est propriétaire. J'ai remarqué que 95% de mes problèmes informatiques étaient dus, au final, au fait que j'utilisais des programmes proprio (incompatibilité entre fichiers ou entre protocoles, absence de transparence dans le fonctionnement, configuration rigide, souvent aucune solution en cas de problèmes, ...)
Finalement, on a vite fait de taxé de "dogmatique" dès qu'on a le malheur de dire du bien du logiciel libre. Effectivement, il existe du dogmatisme dans le libre, mais ici, M. Nitot ne force personne à passer au libre, ni ne prétend que les logiciels propriétaires n'ont aucune qualité. Moi, j'aime bien le vélo parce qu'il permet de passer partout. Est-ce que cela fait de moi un dogmatique du vélo?
Oui...
de
Seb_2411
, posté le 19 mai 2009 à 11h37
Tu as raison. Ce qui me fait rire c'est toujours ceux qui viennent poster des messages accusateurs et qui ont lu le sujet en diagonal sans prendre le temps de le comprendre complètement.
Oui...
de
ratroche
, posté le 19 mai 2009 à 14h24
Tu as raison.Ce qui me fait rire c'est toujours ceux qui viennent poster des messages accusateurs sans prendre le temps de lire le sujet et les posts de ceux qui ont prient le temps de comprendre complètement.
à lire aussi
ACTUALITÉS
SUR LES MÊMES THÈMES 


nos newsletters
Lisez 01Business pour 6,54 € / n°
















alerter le modérateur