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Tolérance zéro pour les salariés de l'informatique

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Plan? IT

En direct de New Delhi, de Pékin et de San Francisco, nos chroniqueurs livrent chaque semaine leur regard amusé, admiratif ou critique sur la high-tech saveur locale.

Autant le dire tout de suite, ça ne s'arrange pas. La pression de la crise économique mondiale sur la high-tech indienne est telle que le nouveau concept à la mode, dans les SSII, c'est celui de « tolérance zéro pour les salariés non performants », selon l'expression du patron des ressources humaines d'Infosys. En clair, les SSII indiennes, à la recherche d'économies, mettent leurs employés sous pression pour réduire la masse salariale. Tout un programme…
Quel changement d'ambiance ! Voici encore douze mois, la préoccupation première des grandes entreprises indiennes de l'informatique était les départs incessants de leurs salariés, qui allaient chez le voisin en empochant une confortable augmentation de salaire. Pour contrer ce phénomène, les SSII effectuaient des recrutements préventifs afin de pouvoir boucher rapidement les trous. Il était donc considéré comme normal d'avoir de nombreux salariés en disponibilité, non affectés sur un projet mais mobilisables à tout instant. Et les règles sur la notation des salariés étaient appliquées avec beaucoup de laxisme : les entreprises préféraient souvent conserver leurs « mauvais employés », qui pouvaient toujours servir…
Tout cela est révolu. La crise frappe de plein fouet les entreprises internationales qui constituent le fonds de commerce des SSII indiennes. Il en résulte une forte pression sur les prix, et les nouveaux contrats sont de plus en plus difficiles à décrocher. Du coup, les directions du personnel de Bangalore et autres grands centres indiens de la high-tech opèrent des virages à 180°.
Concrètement, les entreprises ont fortement augmenté le nombre des salariés à qui elles donnent un avertissement pour résultats insuffisants. Wipro est passé de 2 ou 3 % de ses troupes dans cette catégorie à près de 7 %. En outre, plus question de laisser aux salariés – ainsi mis en garde – tout le temps pour se mettre à niveau : certains sont priés de s'en aller sur le champ.
Autre terrain de chasse aux économies : les salariés en attente d'affectation. Wipro leur propose de ne venir au bureau que deux jours par semaine… en échange d'une réduction de salaire de 50 % ! Et plusieurs entreprises incitent leurs employés sans affectation à se trouver eux-mêmes un projet qui veuille bien les accueillir, sous peine de devoir s'en aller. Simultanément, les SSII continuent de faire venir de jeunes diplômés par milliers, conformément aux engagements pris l'année dernière. Mais Infosys a, par exemple, décidé que leurs recrues seraient soumises à une formation de six mois, au lieu des trois jusqu'ici en vigueur. De quoi retarder d'autant leurs débuts opérationnels.
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3 AVIS SUR CET ARTICLE
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Avis sur «Tolérance zéro pour les salariés de l'informatique»

 

Tolérance infinie par ailleurs!

de Ksven , posté le 22 mai 2009 à 08h09
A quand la tolérance zéro pour les patrons de l'informatique. Pourtant ce sont les salaires déments qui, avec les dividendes, privent les entreprises de fonds d'investissement. Pour maintenir ces privilèges, on fait donc pression sur les salariés! Pourtant c'est probablement cela l'origine de la crise (et non pas les subprimes), le fait que les investissements se sont progressivement réduits à la portion congrue.
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ARES, encore plus fort ...

de Lonepsi , posté le 22 mai 2009 à 08h29
La SSII Groupe ARES fait encore plus fort. A la sortie de son redressement judiciaire, le chiffre d'affaires d'ARES est passé de 400 M€ à 100 M€. Le salaire confortable du PDG, lui, n'a pas diminué.
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Quand la tolérance s'en va, le cynisme revient

de FenderAerodyne , posté le 22 mai 2009 à 09h09
Je relève la phrase suivante : "Et plusieurs entreprises incitent leurs employés sans affectation à se trouver eux-mêmes un projet qui veuille bien les accueillir, sous peine de devoir s'en aller".
Je trouve que cette attitude est particulièrement cynique de la part des recruteurs. Et pourquoi pas leur faire se rédiger leur lettre de licenciement eux-mêmes. Mais alors c'est quoi le boulot des RH et des commerciaux ? Développer la concurrence en interne entre salariés ? Pour moi une entreprise est un endroit ou des gens travaillent ensemble et de façon coordonnée. Alors si chacun va marcher sur les plates-bandes de l'autre, comment déterminer les responsabilités et les initiatives ?
Et si un salarié a une idée de projet, peut-être qu'il aurait intérêt à s'établir à son compte, plutôt que d'en faire bénéficier l'entreprise qui l'a recruté.
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