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Vous êtes sûrement déjà tombé sur ces sites Web d'un nouveau genre où l'on vous indique fièrement que le nom de domaine affiché a été réservé par un client du bureau d'enregistrement. Bienvenue sur les pages d'attente des registrars, la pénitence pour ne pas avoir activé son tout nouveau nom de domaine !
Recherche de disponibilité, sélection du nom de domaine, paiement, voilà les principales étapes de la réservation des .com et consorts. Une fois le nom déposé, une page Web par défaut est affichée.
Aux couleurs du bureau d'enregistrement auquel vous avez commandé votre domaine, elle précise que le nom en question n'est pas activé, qu'il est réservé par l'intermédiaire du registrar, en construction… Bref, une belle publicité interactive que s'octroie la grande majorité des registrars, MailClub compris. Il n'y a pas de mal à se faire un peu de publicité pas chère !
Rien n'est illégal, la mise en place d'une telle redirection est mentionnée dans les conditions générales de vente, et, surtout, cet affichage par défaut est modifiable à tout moment pour créer enfin un vrai site, mettre en place une redirection ou proposer une page d'erreur. Heureusement, me direz-vous !
Depuis plusieurs années, je m'évertue à encourager l'usage des noms de domaine pour les valoriser. J'ai proposé des pages d'attente « entreprises » pour que la page indique le nom de la société qui a réservé le nom de domaine. J'ai également mis en place des pages par défaut qui redirigent tous les noms de domaine récemment enregistrés vers une adresse URL unique sélectionnée par le client.
Il n'empêche que certaines de ces pages ont la vie dure, car leurs heureux propriétaires et parents indignes n'en font rien. A tort.
C'est malheureusement souvent le cas, surtout avec les grandes sociétés qui effectuent de nombreux dépôts préventifs. Elles enregistrent des noms de domaine qui ne sont pas prioritaires (dépôts dans des pays lointains, avec des fautes d'orthographe…) mais dont elles préfèrent s'assurer la propriété plutôt que de les voir filer vers un tiers malveillant.
Démarche honorable, mais autant rentabiliser cet investissement en faisant rediriger vos noms vers votre site principal plutôt que de promouvoir votre registrar, même si c'est le meilleur du monde. Illustration, Rueeducommerce.fr perd du trafic issu de la navigation directe, au contraire de 3suisse.fr.
Le trafic naturel de ces noms de domaine non utilisés attise des convoitises. Certains prestataires proposent désormais une page parking par défaut avec des liens sponsorisés contextuels.
Lors d'audits effectués pour des clients, il m'est arrivé plusieurs fois de croire à un cas de cybersquatting classique, alors que le nom de domaine était détenu par mon client ! La page de liens publicitaires mise en place par son registrar renvoyait vers les sites de ses concurrents… Un comble ! Vous payez votre prestataire pour le dépôt d'un nom de domaine qu'il transforme en publicité pour vos adversaires commerciaux… Si je vous dis en plus que les revenus publicitaires engendrés vont directement dans la poche du registrar…
Prenez donc garde à ne pas abandonner votre domaine à sa naissance. Trouvez-lui une utilité, ou votre prestataire saura bénéficier de votre négligence.
Au sein du bureau d'enregistrement MailClub, Jean-François Poussard conseille les gestionnaires de noms de domaine des plus grandes sociétés françaises dans leur stratégie mondiale de nommage.
Spécialiste du marché des noms de domaine, il maîtrise l'ensemble des enjeux transversaux : le marketing, la communication, le juridique, le technique et l'administratif. Depuis 2004, il est aussi le rédacteur en chef de MailClub.info, site d'informations de référence sur les noms de domaine.
















