Les Asiatiques privés de postes à responsabilité dans la Silicon Valley
01net.
le 29/05/2009 à 13h14
Planète IT
En direct de New Delhi, de Pékin et de San Francisco, nos chroniqueurs livrent chaque semaine leur regard amusé, admiratif ou critique sur la high-tech saveur locale.
Parmi mes collègues, les Asiatiques sont largement majoritaires : ma supérieure directe est originaire de Hongkong, et la plupart des ingénieurs qui m'entourent sont soit indiens soit chinois. Mais, dès que l'on pénètre les sphères hiérarchiques plus élevées, les Américains reprennent le dessus. A croire que, malgré leur nombre écrasant, les Asiatiques sont cantonnés au mieux à des rôles de managers intermédiaires.
Ces quelques observations sont corroborées par une étude, publiée en février dernier, qui a recensé les Asiatiques à la tête des entreprises de la Silicon Valley. S'ils représentent en moyenne plus de 30 % des employés des plus grandes d'entre elles, ils ne représentent que 6 % des membres des conseils d'administration et 10 % des équipes dirigeantes. Pourtant, – autre paradoxe –, les Asiatiques sont de loin les plus diplômés : ils comptent pour 25 % des étudiants de premier cycle dans les prestigieuses universités de Stanford et de Berkeley et gagnent en général bien leur vie. Par ailleurs, leur nombre ne cesse d'augmenter : le comté de Santa Clara, en plein cœur de la Silicon Valley, est celui où la population asiatique croît le plus vite aux Etats-Unis. Cisco, Sun Microsystems, Intel, eBay comptent 23 % d'employés asiatiques, mais, depuis 1999, leur nombre n'a pas augmenté au sein des conseils d'administration.
Plusieurs raisons – principalement culturelles – sont avancées pour expliquer cette situation : les Asiatiques sont connus pour leur excellence technique et leur respect de l'autorité, mais celui-ci est parfois perçu ici comme un manque de confiance en soi. Leur niveau d'anglais n'est souvent pas parfait, et ils ne maîtrisent pas l'art du networking. Ils n'ont pas le réflexe d'utiliser leurs réseaux pour satisfaire leurs ambitions. Une culture bien ancrée dans la Silicon Valley. Parmi les exceptions à cette règle, on peut citer Jerry Yang, cofondateur de Yahoo!, et Jen-Hsun Huang, créateur de Nvidia, spécialiste des technologies informatiques visuelles.