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Depuis la visite en Israël du président de la République, Nicolas Sarkozy, accompagné du Medef, voici près de un an, la coopération franco-israélienne dans la high-tech est au beau fixe. Du 18 au 21 mai 2009, dix-huit entreprises tricolores spécialisées dans les nouveaux médias ont répondu à l'invitation de la mission économique de Tel-Aviv, un organisme qui dépend de l'ambassade de France en Israël.
Conduite par France Télécom, plus précisément par Vincent Marcatté, directeur d'Orange Labs-R&D, la délégation est allée à la rencontre des décideurs IT et des business angels qui ont fait le succès de cette Silicon Valley bis. « Israël est à la pointe de l'innovation technologique dans de nombreux domaines : télévision numérique (IPTV), monétisation des contenus vidéo, applications pour les opérateurs mobiles », indique Karen Gordon, chef du secteur des nouvelles technologies au sein de la mission économique.
Berceau de Check Point (sécurité informatique), Comverse (messagerie vocale) et autres Amdocs (services de facturation pour les opérateurs), le pays, qui compte 700 entreprises dans les nouveaux médias (dont 450 start-up), concentre aussi une pléiade de numéros un, susceptibles d'offrir des débouchés à l'échelle mondiale.
Cette position stratégique n'a pas échappé aux entrepreneurs du Web. A l'image d'Olivier Chouraki, patron de Mobiluck, qui développe un réseau social sur mobile (1 million d'utilisateurs). « Israël offre d'énormes opportunités sur le plan commercial, en matière de financement et de partenariats technologiques, explique-t-il à son retour de Tel-Aviv. En l'espace de quelques jours, j'ai pu rencontrer deux leaders mondiaux des services mobiles, les plus grands noms du capital-risque américain et israélien et des sociétés qui, à l'image de Fring [logiciel de messagerie instantanée et de téléphonie sur IP, NDLR], font partie des start-up les plus prometteuses du moment ! »
Les échanges franco-israéliens dans la high-tech ne datent pas d'hier. Alcatel a ouvert la voie en 2006 en s'offrant Native Networks, un fournisseur israélien de solutions optiques de transport Ethernet. L'enjeu de cette acquisition : une technologie permettant d'optimiser la performance d'un réseau par l'agrégation de services multiples (triple play, DSL, téléphonie mobile 3G, réseaux privés virtuels).
De son côté, l'intégrateur Steria a ouvert dès 2005 un bureau de veille technologique en Israël, afin de proposer des solutions innovantes à ses clients européens. Les succès les plus marquants concernent le domaine de SAP, avec une offre d'upgrade de version sans équivalent sur le marché, selon Steria, ou une solution créée à partir des outils du champion israélien du test logiciel Mercury, repris par HP.
Enfin, la filiale Viaccess de France Télécom a racheté l'an dernier une pépite locale, Orca Interactive, un spécialiste du middleware IPTV et des applications pour les opérateurs de réseau à large bande. Ce rachat devrait permettre au groupe français d'intensifier sa veille technologique sur le marché israélien. Pour l'heure, aucune firme hexagonale, hormis Alcatel, n'a inauguré de centre de R&D à Tel-Aviv ou Haïfa, à la différence de Microsoft, Google ou Deutsche Telekom. Un retard qui tient surtout au fait que la France compte peu de grands éditeurs susceptibles de franchir le pas.
















