L'avenir plus qu'incertain des jeunes diplômés de la Silicon Valley
01net.
le 05/06/2009 à 12h00
Planète IT
En direct de New Delhi, de Pékin et de San Francisco, nos chroniqueurs livrent chaque semaine leur regard amusé, admiratif ou critique sur la high-tech saveur locale.
L'heure de la sortie a bientôt sonné dans les universités américaines et les cérémonies de remises de diplômes s'organisent. En général présidées par une personnalité plus ou moins connue selon la taille et la renommée de l'établissement, elles marquent la fin des études et le grand saut dans la vie active pour les étudiants.
Cette année, John Chambers, PDG de Cisco Systems, et Jeffrey Skoll, président d'eBay, présideront la graduation de l'université de Santa Clara, en plein cœur de la Silicon Valley. Il y a quelques semaines, Eric Schmidt, PDG de Google, a exhorté les étudiants de l'université de Pennsylvanie à éteindre leurs ordinateurs et à nouer des relations humaines et non virtuelles. En 2005, j'avais assisté à la remise de diplômes de Stanford, université-phare de la Silicon Valley, au cours de laquelle Steve Jobs, en jeans et tongs sous la toge noire, avait rappelé qu'il était la preuve vivante qu'on peut réussir sans diplôme, à condition de s'accrocher à ses rêves.
Quatre ans plus tard, il faudra à ces jeunes gens plus que des rêves et des diplômes pour trouver un emploi. Il semble bien loin le temps où les entreprises de la Silicon Valley embauchaient les étudiants en informatique avant même l'obtention de leur diplôme. Il y a encore un an, Nelson, brillant étudiant en informatique à Stanford, contemplait avec désinvolture les différentes entreprises qui l'accueilleraient une fois sa thèse terminée : Google, Hewlett-Packard, Intel ? Aujourd'hui, il court les entretiens d'embauche, dans une recherche frénétique d'emploi.
51 % des étudiants détenteurs d'un degree (l'équivalent d'un bac+4) trouvaient un emploi immédiatement après leur sortie de l'université en 2006. Ce chiffre est tombé en-dessous de la barre des 20 % en 2009. En effet, les employeurs de la région, durement touchés par la crise avec plus de 140 000 licenciements, préfèrent recruter du personnel avec de l'expérience, ce dont les jeunes diplômés manquent. Ceux-ci préfèrent donc poursuivre leurs études en attendant des jours meilleurs, mais au prix exorbitant de la scolarité – près de 35 000 dollars par an à Stanford –, combien de temps pourront-ils attendre ?