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En direct de New Delhi, de Pékin et de San Francisco, nos chroniqueurs livrent chaque semaine leur regard amusé, admiratif ou critique sur la high-tech saveur locale.
Dure, la vie, pour les salariés de Satyam, la SSII indienne victime d'une fraude financière massive. Après la déprime du début d'année 2009, à la suite des révélations sur le scandale financier, les employés de la firme de Hyderabad ont basculé dans l'euphorie à la mi-avril, quand Satyam a été repris par Tech Mahindra, la filiale informatique du conglomérat indien Mahindra. Avec un nouveau propriétaire doté d'une solide assise et de grandes ambitions, l'horizon semblait s'éclaircir. Ils sont en train de déchanter. Car si l'avenir de l'entreprise semble désormais assuré, il n'en va pas de même du leur...
Un sérieux coup de semonce est venu à la fin du mois de mai, quand le directeur général de Tech Mahindra a déclaré benoîtement qu'il y avait « plus de 10 000 personnes en trop » au sein de Satyam... Lors de son effondrement, la SSII comptait officiellement un peu plus de 50 000 personnes, même si le chiffre exact n'a jamais été connu. De nombreux départs sont intervenus en tout cas, pendant les premiers mois de l'année, si bien que les effectifs du groupe sont aujourd'hui d'environ 40 000 personnes. Mais c'est encore un quart en trop, donc, à en croire les nouveaux propriétaires !
De nombreux facteurs expliquent ces sureffectifs. L'ampleur de la crise mondiale qui affecte les clients de Satyam, bien sûr, les inquiétudes suscitées par la situation du groupe, qui ont fait fuir certains clients ou en ont dissuadé de nouveaux de signer avec la SSII... Et aussi le fait que, la fraude financière consistant à afficher un niveau d'activité et de chiffre d'affaires très fortement gonflé par rapport à la réalité, Satyam avait engagé plus de monde que réellement nécessaire pour le travail qui était à faire.
Aujourd'hui, l'heure est donc à l'austérité. Tech Mahindra veut alléger fortement les effectifs dans les équipes non directement productives (services centraux, administration...). Les nouveaux propriétaires veulent également réduire le nombre d'implantations du groupe pour faire des économies dans l'immobilier. L'occasion en or de demander à une partie des équipes de s'en aller (vous savez, du genre : « Ah non, dans les nouveaux locaux il n'y a pas de bureau pour vous, c'est bête, hein ? »).
Du coup, au sein des salariés de Satyam, qui passent par des hauts et des bas incessants depuis janvier, c'est de nouveau la panique. Et ils se bousculent, dit-on dans les bureaux des services du personnel de Tech Mahindra, à la recherche de postes au sein de la nouvelle maison mère...
















