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La seconde offensive sera-t-elle la bonne ? Le géant allemand SAP a décidé de changer radicalement ses plans sur le marché de la location d'applications en ligne (Saas, pour software as a service), où il n'est pas parvenu à s'imposer après deux ans d'efforts et de lourds investissements.
En septembre 2007, SAP avait dévoilé en grande pompe Business ByDesign, une suite de progiciels en ligne très ambitieuse ciblant en priorité les PME de 100 à 500 salariés.
Retards de développement, problème de mise en œuvre, réseau de distribution défaillant : la solution avait rapidement accumulé les revers. Et, près de deux ans plus tard, elle cherche encore ses clients.
Appelé à la rescousse en novembre dernier, John Wookey, vice-président exécutif de SAP, a dévoilé hier lors d'une présentation au salon OnDemand Europe à Amsterdam la façon dont son groupe espère aujourd'hui se relancer sur ce marché. Ancien haut responsable d'Oracle, il a passé ces six derniers mois à imaginer une nouvelle stratégie, qui a aujourd'hui le soutien de la direction.
Elle consiste à proposer aux entreprises un modèle hybride combinant achat de solutions serveurs traditionnelles administrées en interne et location d'applications en ligne complémentaires hébergées par SAP.
La première de celles-ci devrait être une application de gestion des achats (e-sourcing), que SAP prévoit de commercialiser dès le troisième trimestre de cette année. Des applications de gestion des notes de frais en ligne et de CRM devraient suivre courant 2010.
A chaque fois, les applications – on devrait plutôt parler d'extensions – fonctionneront uniquement en complément des solutions serveurs de SAP (gamme Business Suite R/3), avec lesquelles elles seront parfaitement intégrées, selon John Wookey. Leur utilisation sera facturée sur la base d'un abonnement mensuel, à l'utilisateur, à des prix annoncés « très compétitifs ».
SAP explique avoir développé ces extensions en interne en s'appuyant sur les technologies héritées du rachat en 2006 de l'éditeur de solutions en ligne d'e-sourcing Frictionless. Selon John Wookey, d'autres acquisitions ne sont pas exclues. SAP envisagerait en outre d'ouvrir ses technologies afin de permettre à des éditeurs tiers de proposer des services à la demande s'appuyant sur sa gamme Business Suite.
Côté distribution, SAP compte mettre en œuvre des forces de vente spécifiques pour proposer ces solutions en ligne à l'ensemble de sa base installée.
Les solutions serveurs classiques (de la gamme Business Suite notamment) représentent aujourd'hui l'essentiel des revenus de SAP, ce qui explique qu'il ait d'abord limité sa stratégie de Saas aux PME.
L'éditeur ne voulait pas diminuer ses marges sur son cœur de métier en s'alignant sur les tarifs proposés aux grandes entreprises par les pure players du Saas comme Salesforces. Avec un modèle hybride, il entend désormais ménager la chèvre et le chou. Reste maintenant à savoir comment les clients accueilleront sa nouvelle proposition après l'échec de Business ByDesign.

















