La Silicon Valley, en perte de vitesse ?
01net.
le 12/06/2009 à 17h10
Planète IT
En direct de New Delhi, de Pékin et de San Francisco, nos chroniqueurs livrent chaque semaine leur regard amusé, admiratif ou critique sur la high-tech saveur locale.
Il y a six ans, lors de mon arrivée dans la Silicon Valley, la région sortait enfin des années de marasme économique dû à l'éclatement de la bulle Internet. Tout semblait à nouveau possible : l'iPhone, Facebook, Twitter... Et puis depuis quelques mois, la crise à nouveau, les licenciements en série. L'Eldorado de la technologie vacille.
L'économie américaine est déjà ébranlée par la déroute de l'industrie automobile, un des fleurons et des symboles de sa puissance pendant des décennies. Après la chute de cette industrie traditionnelle, les analystes scrutent maintenant avec angoisse les moindres signes de faiblesse venant des autres secteurs, en particulier les nouvelles technologies. En parcourant la presse locale, les derniers titres sont plutôt alarmistes : « La Silicon Valley n'est plus à la pointe des technologies », « La Silicon Valley, le prochain Detroit ? », « La Californie accélère-t-elle la fuite des cerveaux ? ». Et les arguments avancés semblent sérieux : tout d'abord, la Californie perd son savoir, car le déficit abyssal de l'Etat a entraîné la suppression de nombreux postes d'enseignants. La vie dans la Silicon Valley reste excessivement chère et pour les demandeurs d'emploi, la survie est très difficile. Devant le peu de perspectives d'embauche, nombreux sont les jeunes diplômés et les ingénieurs chevronnés à tenter leur chance ailleurs.
Les créateurs de start-up doivent aussi faire face à une pénurie des investissements venant des venture capitalists et n'hésitent pas à changer d'horizon. Une étude menée par le Milken Institute montre que si la Silicon Valley reste leader en termes de nouvelles technologies, elle a perdu son monopole au profit d'autres métropoles comme Seattle, Cambridge dans le Massachussets, Washington DC et Los Angeles. A noter également que les pays limitrophes des Etat-Unis progressent dans le domaine : la région de Baja California au Mexique s'est spécialisée dans la fabrication de semi-conducteurs ainsi que de composants électroniques et se classe deuxième dans ce domaine juste derrière la Silicon Valley. Au Canada, Toronto et Vancouver se détachent comme les deux villes les plus high tech. La Silicon Valley saura-t-elle faire preuve d'assez d'innovation pour rebondir ?