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Pour développer heureux, développons cachés ! Premier éditeur mondial de solutions serveur open source en termes de chiffres d'affaires, le groupe américain a dévoilé hier la première version d'essai de son futur hyperviseur sous la forme d'une bêta privée accessible seulement à un nombre restreint de partenaires et de clients grands comptes.
Pas la peine d'essayer de la télécharger : Scott Crenshaw, vice-président de Red Hat a expliqué dans le communiqué annonçant la disponibilité de la bêta que le nombre de bêta-testeurs prévu était déjà atteint.
La déception est grande pour tous ceux qui voulaient tester le nouvel hyperviseur, mais selon Hervé Lemaître, directeur du développement technologique de Red Hat, la priorité a été de cibler avec précision les besoins des clients grands comptes concernés. « Nous avons déjà eu beaucoup de retours de la communauté sur nos technologies de virtualisation avec le projet oVirt et il s'agit ici plutôt ici d'une phase de qualification ciblée », explique-t-il.
L'hyperviseur autonome RHEV pour Red Hat Entreprise Virtualization est la pierre angulaire de la future gamme de logiciels de virtualisation annoncée en février dernier avec laquelle Redhat entend supplanter son concurrent VMware, l'année prochaine.
Sur le papier, les spécifications de la version bêta sont impressionnantes. Incluant l'hyperviseur KVM (Kernel-based Virtual Machine) hérité du rachat pour 107 millions de dollars de l'israélien Qumranet en septembre dernier, RHEV est un hyperviseur autonome basé sur un noyau Linux censé pourvoir exploiter simultanément jusqu'à 96 cœurs de processeurs physiques se partageant jusqu'à 1 téraoctet de mémoire vive. « Ces spécifications correspondent aux plus grosses machines qui sont aujourd'hui certifiées avec nos solutions serveurs Red Hat Enterprise Linux (RHEL) », commente Hervé Lemaître.
Sur un même serveur, une seule machine virtuelle peut exploiter jusqu'à 16 cœurs et 64 Go de mémoire ce qui est grosso modo le double de la capacité prise en charge aujourd'hui par une machine virtuelle gérée par ESX Server 4 de VMWare (8 cœurs mais 255 Go de mémoire par machine virtuelle).
Malgré ses ambitions, l'hyperviseur RHEV reste léger puisqu'il se contente d'une empreinte mémoire de 64 Mo qui correspond à la taille du noyau Linux associé à KVM.
Il faut dire que RedHat déporte beaucoup de fonctions de virtualisation dans les outils d'administration livrés avec son hyperviseur. L'éditeur diffuse avec la version bêta de RHEV les premières versions d'essai de deux outils d'administration de machines virtuelles, l'un destinés aux serveurs virtuels (RHE Virtualization Manager for Servers) et l'autre aux postes de travail virtuels (RHE Virtualization Manager for Desktops).
Red Hat a expliqué en février dernier qu'il lui faudrait 18 mois avant de proposer toutes les briques de sa future offre de virtualisation, ce qui nous conduit à l'été 2010.
Toutefois, le premier produit commercial est désormais attendu avant la fin de l'année. Selon les analystes, il y a de forte chances que ce soit la solution de virtualisation des postes de travail qui profite de la maturité de SolidIce (qui était déjà un produit commercial avant le rachat de Qumranet).
Windows XP, Vista, Windows 7, etc., la plupart des versions clientes de Windows devraient être compatibles à la suite de l'annonce croisée de Red Hat et Microsoft en février dernier.
Enfin, comme il l'avait annoncé également en février, Redhat a prévu d'intégrer l'hyperviseur KVM dans RHEL 5.4 dont la sortie est toujours attendue à la fin de cet été.

















