Malgré la crise, la Silicon Valley continue d'attirer les Français
01net.
le 19/06/2009 à 16h08
Planète IT
En direct de New Delhi, de Pékin et de San Francisco, nos chroniqueurs livrent chaque semaine leur regard amusé, admiratif ou critique sur la high-tech saveur locale.
La scène est presque digne d'un film de série B : le week-end dernier, je flânais dans les rues de Palo Alto, petite ville de la Silicon Valley, berceau de Hewlett-Packard et de Facebook, quand soudain j'aperçois un visage qui me dit quelque chose. Franck, un ami que je n'ai pas revu depuis le lycée, se tient à quelques mètres de moi. Difficile à croire et pourtant, l'effet de surprise passé, les questions se bousculent pour essayer d'expliquer cette rencontre pour le moins inattendue.
Arrivé dans la Silicon Valley en mars dernier, Franck travaille désormais comme ingénieur logiciel auprès d'un important fabricant de processeurs. Dans le contexte économique actuel, l'arrivée de nouveaux Français dans la région tient presque de l'exploit, car les entreprises sont plutôt en phase de licenciement que d'embauche, ce qui rend l'obtention d'un visa de travail d'autant plus difficile pour les étrangers. La chance de Franck est d'avoir décroché son emploi bien avant le début de la crise, il y a plus d'un an : il a d'abord travaillé dans la filiale allemande de son entreprise, avant d'être transféré dans la maison-mère à Santa Clara – les visas de transfert sont beaucoup plus faciles à obtenir.
Pour beaucoup de Français, décrocher un emploi dans la Silicon Valley tient toujours du rêve : pour Franck, la perspective de travailler au milieu de plus gros acteurs de l'industrie informatique, au cœur de l'innovation, a motivé son expatriation sous le soleil de Californie. Une motivation qui est celle de la majorité des compatriotes que je connais. Décrocher un emploi est loin d'être facile, la vie est chère, mais rares sont ceux qui décident de rentrer en France une fois ces obstacles franchis.
Avant de se lancer dans l'aventure californienne, Franck a travaillé pendant six ans à Lausanne (Suisse) dans une entreprise développant des systèmes de vidéo-surveillance. Un emploi qu'il a quitté pour tenter sa chance aux Etats-Unis et il n'a pas regretté son choix : six mois après son départ, toute son ex-équipe était licenciée. La situation actuelle dans la Silicon Valley est loin d'être parfaite et la menace de licenciement plane toujours. Mais ce n'est certainement pas un aspect de la Silicon Valley que les Français expatriés souhaitent découvrir.