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La direction de France Télécom-Orange et la majorité des syndicats (CFDT, CFE-CGC, CFTC, FO), excepté les deux premiers - Sud et la CGT - sont parvenus à s'entendre, hier, pour conclure un accord sur le télétravail. La signature intervient une dizaine de jours après l'adoption par l'Assemblée nationale de la proposition de loi sur cette nouvelle forme d'organisation du travail, encore très peu répandue dans les entreprises de l'Hexagone, même dans l'informatique, bien que certains grands acteurs comme IBM ou HP aient ouvert la voie il y a quelques années.
Chez Orange, ce sont près d'un millier de salariés du groupe (selon la direction) qui ont déjà opté pour le télétravail en France. Sous plusieurs formes. Le texte en répertorie trois : à domicile, en mode alterné (3 jours par semaines à la maison, 2 jours au bureau) ; occasionnel (pour des situations d'urgence ou inhabituelles) et dans un bureau de l'entreprise, à proximité du lieu d'habitation.
Sur le papier, l'accord fixe plusieurs grands principes : le télétravail doit se faire sur la base du volontariat, avec la possibilité de « revenir à une situation plus traditionnelle à tout moment dans des délais raisonnables ».
« Cet accord permet d'introduire le télétravail progressivement, d'amorcer la pompe et de ne pas faire rentrer des salariés dans des situations irréversibles. C'est important car le télétravail, encore inhabituel en France, requiert un temps d'adaptation. Il doit reposer sur une double volonté du manager et du salarié », explique Laurent Zylberberg, directeur des relations sociales de France Télécom-Orange.
Autre point clé du texte : former les télétravailleurs comme leurs supérieurs hiérarchiques à acquérir des nouveaux réflexes dans le travail. Un manager doit, par exemple, continuer à intégrer ces salariés dans son équipe, à compenser les échanges près de la machine à café... Dans le cas du télétravail alterné, la présence dans les locaux de l'entreprise au moins deux jours par semaine contribue à maintenir ce « le lien social ».
Les salariés en télétravail sont aidés sur le plan matériel, avec une compensation financière de 150 euros (dépenses d'eau, d'électricité, etc.) et les outils et équipements nécessaires pour travailler à distance (xDSL, Business Everywhere, Internet Everywhere, la technologie mobile 3G, Wi-Fi, etc).
En attendant, le texte n'a pas convaincu la fédération Sud, par exemple. « Cet accord sert plus à régulariser les pratiques existantes qu'à véritablement encourager le télétravail. Il ne concerne que peu de personnes (à peine plus de 500 identifiées dans l'ensemble du groupe), déplore Marie Cussonneau de la Fédération Sud. Nous regrettons que la question du télétravail ne soit pas examinée comme l'une des réponses possibles aux nombreuses restructurations du groupe qui obligent des salariés à des déplacements ou des mobilités géographiques très contraignantes. Le groupe communique beaucoup sur le développement durable mais jette ses salariés sur les routes sans difficultés. La fédération Sud regrette notamment que l'accord n'aille pas plus loin pour promouvoir le télétravail collectif. Nous sommes confrontés en permanence à des fermetures de sites. Il faudrait plutôt les maintenir et les rendre accessibles à des équipes décentralisées », précise-t-elle.
Pour le groupe, l'accord signé à ce jour n'est qu'une première étape pour construire et encadrer le télétravail. Il devrait conduire à des expérimentations, notamment pour « affiner le périmètre des métiers » concernés par cette nouvelle manière de travailler. Une « commission de suivi » devrait veiller à la mise en œuvre de l'accord une fois par an. A suivre...

















