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Vous venez de créer avec Sébastien Quintallet Level Up Jobs, un cabinet de recrutement dédié au jeu vidéo. Y a-t-il une forte demande des entreprises ?
Le jeu vidéo est un marché qui s'est véritablement professionnalisé à la fin des années 90. Aujourd'hui, les entreprises du secteur ont besoin de personnel expérimenté et formé à leurs métiers. Pour preuve, beaucoup d'écoles spécialisées voient le jour. En France, il en existe une petite dizaine. Notre partenaire - l'Institut international du multimédia - possède une section «jeux vidéo» et s'apprête à lancer en octobre 2009 le premier MBA jeux vidéo en France (Video Game Management). Aujourd'hui, de plus en plus d'entreprises s'investissent dans ces écoles et dans leur comité d'orientation.
... et la crise, comment frappe-t-elle le secteur ?
En 2008, le chiffre d'affaires du secteur a franchi la barre des trois milliards d'euros en France. Il dépasse celui de l'industrie du cinéma et de la musique. Il est l'un des secteurs qui résiste le mieux à la crise.
Quels sont les différents métiers des jeux vidéo ?
Ils sont très variés : du programmeur au commercial, jusqu'au service clientèle en passant par les profils créatifs, les graphistes, Webdesigners, etc.
Et dans l'informatique, il y a des opportunités ?
Énormément. Les postes d'informaticiens représentent 30 à 35 % des postes du secteur. La majorité des profils ont un bac + 4 ou + 5. Dans l'informatique, les profils les plus recherchés sont les programmeurs, les graphistes et aussi des cadres dirigeants pour une raison simple : rares sont les professionnels qui cumulent plusieurs années d'expérience dans ce domaine. Les entreprises recrutent aussi beaucoup de jeunes diplômés et ont du mal à trouver des développeurs.
Pourquoi ?
Bien que les salaires aient un peu augmenté ces dernières années, il faut reconnaître qu'ils sont un peu moins élevés qu'en SSII. Il existe de grandes disparités d'une société de services informatiques à l'autre mais l'écart de salaire peut atteindre 5 000 euros pour un jeune sans expérience. En revanche, je pense que les opportunités d'évolution sont meilleures.
Quelles sont précisément ces possibilités d'évolution ?
Le secteur s'est professionnalisé il n'y a pas si longtemps. Il est donc difficile de déterminer des parcours types. Nous aurons bientôt plus de recul avec les futurs diplômés d'écoles spécialisées. Une chose est sûre : dans ces sociétés, le travail en équipe entre les différents services est très important. Du coup, les collaborateurs voient comment leurs collègues travaillent et peuvent repérer des métiers qui les intéressent. Des passerelles sont envisageables. J'ai déjà vu des programmeurs devenir créatifs et occuper des postes de « game designers ». Leur rôle est d'intervenir très tôt dans la création du jeu, de travailler sur le concept, mais aussi de coordonner le travail des équipes. Il doit donc dialoguer avec des graphistes et des développeurs et comme il connaît leur métier, leurs contraintes, c'est un vrai atout.
Quels sont les attraits de ces métiers ?
Le jeu vidéo est un secteur ludique qui accueille des employés qui sont eux même des joueurs et bien souvent des passionnés. L'ambiance est souvent jeune et bonne dans l'ensemble. Et parmi les possibilités d'évolution de carrière, il y a aussi de nombreuses opportunités à l'étranger. Des grosses structures comme Ubisoft ont des studios partout dans le monde et, en prime, le savoir-faire français dans ce domaine est très apprécié à l'étranger.
Les seniors ont-ils leur place dans ce secteur ?
Oui. En réalité, tout dépend de leur profil et de leur goût pour les nouvelles technologies. Du côté des utilisateurs, ils sont de plus en plus nombreux à y trouver un intérêt ludique. Dans les années à venir, les seniors pourraient bien être plus nombreux à exercer ces métiers.
Vous avez des concurrents ?
Il n'existe pas de cabinet de recrutement spécialisé dans les jeux vidéo. En revanche, il y a aujourd'hui un site qui publie des offres d'emploi, l'agence française pour les jeux vidéo, et un cabinet de chasseurs de têtes, Answers recrutement. Entre les deux, il n'y avait rien, nous avons donc voulu combler ce manque. Notre portail contient des offres d'emploi, déposées par les entreprises, et consultables par les candidats ainsi que du contenu éditorial. Plutôt que de décrire des métiers, nous publions des interviews de professionnels.
Quels sont les profils de vos clients ou futurs clients ?
Nous venons de nous lancer mais nous nous adressons à tout type de société en rapport, de près ou de loin, avec les jeux vidéo : de la petite entreprise qui doit recruter ponctuellement à la grosse structure en quête d'une vingtaine de personnes pour les affecter à un nouveau projet. Il peut s'agir d'éditeurs, de studio de développement, de site d'information, par exemple.















