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La série noire continue pour les salariés de HP France. Huit mois après l'annonce d'un premier plan social portant sur 580 postes, à la suite de l'acquisition de la SSII EDS, la filiale hexagonale du géant américain a officialisé hier, jeudi 25 juin, par la voix de son PDG, Yves de Talhouët, une nouvelle coupe dans les effectifs prévoyant la suppression de 540 emplois supplémentaires.
Cette deuxième vague de licenciements n'est malheureusement pas une surprise. Elle est la déclinaison française d'un plan mondial annoncé à la fin du mois de mai, lors de la présentation des résultats annuels du groupe, tablant sur une réduction de 2 % des effectifs mondiaux d'ici à mai 2010 (soit 6 400 personnes sur les 320 000 qu'emploie HP dans le monde).
L'Europe est particulièrement touchée, puisque que ce second plan prévoit la suppression de 5 700 postes rien que dans la région Emea (Europe, Moyen-Orient et Afrique), ce qui porte à 15 000 le nombre de suppressions dans la région si on inclut celles dans les services.
A la différence du premier plan, qui concerne quasi exclusivement les services, le second plan frappe le cœur métier de HP, à savoir la production et la vente de matériels informatiques, une activité qui accuse un net recul depuis la fin de l'année dernière.
« Le groupe a constaté une baisse d'environ 20 % de son chiffre d'affaires dans les produits (imprimantes, PC, serveurs, stockage…) au premier trimestre fiscal (novembre à janvier), qui s'est accentuée ces derniers mois. On ne perçoit pas de facteurs susceptibles de modifier cette tendance », a justifié à l'AFP Yves de Talhouët.
Seule bonne nouvelle – toute relative –, le PDG de HP France a expliqué, lors du CE d'hier, que le chiffre de 580 suppressions annoncé en novembre 2008 dans les services devrait être ajusté à la baisse ces prochaines semaines, en raison d'une reprise de l'activité d'outsourcing au premier semestre (notamment la signature d'un gros contrat d'externalisation de ressources avec Alcatel-Lucent).
Pour l'instant, aucune fermeture de sites n'est prévue. « La direction s'est engagée à ne pas fermer les sites de Sophia-Antipolis (Valbonne), de Grenoble, de Lyon (L'Isle-d'Abeau), des Ulis et de Nanterre pour EDS, mais tous sont fortement touchés par le plan », prévient Jean Paul Vouiller, délégué syndical CFTC chez HP.
Les syndicats estiment aujourd'hui à un millier le total des suppressions de postes demandé par la direction sur les 6 000 salariés employés par HP France et par sa filiale EDS. « Nos prévisions de plus de 1 000 suppressions de postes en France rendues publiques dans notre alerte du 29 mai dernier étaient malheureusement exactes », commente Jean Paul Vouiller.
Pour les organisations syndicales, la priorité est maintenant de limiter l'ampleur de la restructuration et d'éviter tout licenciement sec. « HP a connu de nombreux plans sociaux ces dernières années et a toujours su éviter les licenciements secs grâce aux départs volontaires. Nous allons tout faire pour que cela soit encore le cas, mais nous savons que cette fois le risque sera beaucoup plus difficile à lever », explique Jean-Paul Vouiller.
Un CE EDS aura lieu le 30 juin prochain, les syndicats de HP et d'EDS ont prévu de se réunir le 2 juillet pour coordonner une action intersyndicale.
Informatique
- HP-EDS : 1 000 postes supprimés
- Nec Computers : 387 suppressions
- Packard-Bell : 240 suppressions
- Fujitsu : 112 postes supprimés
Electronique
- Atmel : 1 300 emplois menacés
- Freescale : 1 100 postes menacés
- Altis : 400 suppressions
- NXP : 360 postes supprimés
- Texas Instruments : 305 suppressions
- ST-Ericsson : 146 emplois menacés
- Soitec : une centaine de postes supprimés
- Nortel : 400 suppressions
(Avec AFP)

















