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En direct de New Delhi, de Pékin et de San Francisco, nos chroniqueurs livrent chaque semaine leur regard amusé, admiratif ou critique sur la high-tech saveur locale.
Les SSII indiennes, sous pression depuis le début de la crise financière mondiale, sont entrées dans une période d'austérité. Les augmentations de salaires sont réduites à la portion congrue, les employés sont priés d'être de plus en plus performants et sont parfois invités à rester chez eux, les recrutements de jeunes débutants ont fortement ralenti. Mais, curieusement, il semble que les mêmes grands groupes informatiques indiens réagissent également en créant des emplois… en Occident.
Selon une enquête réalisée par le quotidien économique Business Standard, les firmes de Bangalore auraient créé 10 000 emplois à l'étranger entre septembre 2008 et mars 2009 : 2 500 pour HCL Technologies, 2 146 pour TCS, le numéro un du secteur, plus de 1 000 chacun pour Infosys et Wipro, etc.
Plus curieux encore, la majorité de ces recrutements se serait faite aux Etats-Unis, pays le plus touché par la crise, où les principaux clients des SSII indiennes, les grandes institutions financières, ont été le plus durement frappés.
Comment expliquer ce paradoxe ? Essentiellement par le fait que, en période de crise, tout ce qui touche aux délocalisations devient beaucoup plus sensible. On se souvient que Barack Obama s'est exprimé à plusieurs reprises sur la question, dénonçant les transferts d'emplois américains vers Bangalore. Dans ce contexte, les sociétés indiennes veulent montrer qu'elles peuvent elles aussi être de « bonnes citoyennes » américaines ! Cette stratégie du « politiquement correct » permet également de contourner les éventuelles restrictions dans l'octroi de visas par les Etats-Unis aux techniciens venus de l'étranger, toujours dans le contexte de la crise financière mondiale.
Plus généralement, les grands du secteur cherchent aussi à renforcer leur présence directe sur place, en ouvrant des centres aux Etats-Unis. Centres qui ne fonctionnent évidemment pas uniquement avec des salariés envoyés d'Inde. TCS, par exemple, développe progressivement un site devant accueillir 1 000 personnes à Cincinnati.
Ces chiffres n'en restent pas moins modestes. Les salariés étrangers ne représentent guère que quelques pourcents des effectifs des SSII indiennes. Et, dans le cadre de la recherche effrénée de baisse des coûts par les grands groupes internationaux, l'avantage concurrentiel des salariés indiens par rapport à leurs confrères américains n'est tout de même pas près de disparaître (sauf peut-être pour les cadres supérieurs, mais c'est une autre histoire !).
















