Des salariés de Nortel menacent de faire exploser leur entreprise
Depuis la confirmation des 467 suppressions de postes sur 684, le mécontentement des collaborateurs de Nortel s'amplifie. Certains se disent prêts à faire sauter les locaux...
01net.
le 15/07/2009 à 15h30
L'arrivée des vacances ou le pont du 14 juillet auraient pu couper les salariés de Nortel Network SA dans leur élan. Il n'en est rien. Aujourd'hui encore, ils semblent bien décidés à continuer la grève, à Châteaufort dans les Yvelines, et surtout à se faire entendre. A l'initiative de quelques salariés - et non de syndicalistes - une dizaine de bombonnes de gaz ont été installées pour « officiellement » faire sauter les locaux du site de Châteaufort, à savoir le centre mondial de R & D GSM de l'équipementier canadien, qui accueille la direction, l'ingénierie, le développement des produits, et le support au niveau mondial.
Dans la pratique, l'action est plutôt symbolique. « Je ne suis pas certain que ces bonbonnes soient pleines, le but est plutôt d'attirer l'attention des médias », confie un collaborateur de l'équipementier. Aujourd'hui, des tracts sont distribués sur la route départementale 36, des pneus brûlés, et une délégation va se rendre au siège de Bouygues Telecom, « un client important, concerné au premier chef par la faillite de Nortel ».
Des conditions de départ jugées inacceptables
Au cœur des revendications du collectif Nortel France, qui représente syndicats et salariés de Nortel Network SA en lutte contre la liquidation de leur compagnie, une indemnité de 100 000 euros pour chaque personne licenciée. Elle doit aussi s'appliquer « aux prochaines vagues de licenciements », précise ce salarié de Nortel.
Après la confirmation vendredi dernier par la direction de la suppression de 467 postes sur 684, les salariés de Nortel Networks, entament leur neuvième jour de grève. Des collaborateurs de l'entreprise partis en congé se sont même inscrits sur la liste des grévistes, une liste comportant aujourd'hui plus de 250 personnes. Dans une semaine, les lettres de licenciement vont partir. Au désarroi des salariés, s'ajoute le sentiment qu'il n'y a plus de temps à perdre...
La menace d'explosion de l'entreprise rappelle celle des salariés de l'usine en liquidation de News Fabris, un sous-traitant automobile, dans la Vienne.