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Nortel va être vendu par appartements. C'est la première faillite retentissante d'un géant des télécoms riche du savoir-faire de ses ingénieurs. Quel gâchis industriel pour une firme qui, au plus fort de la bulle Internet, fut valorisée à plus de 200 milliards de dollars.
La faute à la crise, diront certains. Elle a bon dos. Même si elle a précipité la vente des actifs, devenue la seule issue. Quelques-uns parmi ses pairs sont certes mal en point (Motorola, Alcatel-Lucent), mais d'autres (Nokia, Ericsson ou Huawei) ne s'en sortent pas si mal pour l'instant. Les opérateurs ne sont-ils pas, malgré la crise, de bons payeurs, même s'ils sont devenus plus regardants sur leurs achats ?
La cause première de la faillite de Nortel est à chercher du côté des dirigeants qui en ont pris les rênes à la fin de la bulle internet. La firme ne s'est jamais remise des malversations comptables commises par certains d'entre eux. Franck Dunn, l'ex-directeur financier, devenu numéro un en 2001 et limogé brutalement en 2004 avec plusieurs cadres, a été mis en cause.
Qu'on songe que Nortel n'a pas été en mesure de présenter des bilans pendant plusieurs années ! Elle a dû recalculer l'ensemble de ses comptes sur plusieurs exercices, mobilisant pour cela des centaines de personnes.
Pendant ce temps, la nouvelle direction n'a pu se consacrer au pilotage stratégique, à l'heure où le secteur affrontait des mutations lourdes. Nortel n'avait-il pas mis au point un des premiers serveurs de communication unifiée, le MCS, dès 2004 ? Ses concurrents n'ont pas manqué de mettre en exergue son fiasco comptable pour entretenir le doute sur la viabilité et la pérennité de l'entreprise auprès de clients sonnés par l'étalage de tels déboires.
Résultat : une lente descente aux enfers, ponctuée de pertes et de restructurations successives, de décisions parfois surprenantes, comme la vente de l'activité cellulaire UMTS à son grand rival Alcatel-Lucent, en 2006. Premières victimes, les salariés et ingénieurs de Nortel ont quitté le navire en perdition au gré des plans sociaux. Exsangue, la firme voit la fin de partie s'approcher.
















