Les ventes d'ordinateurs aux entreprises s'écroulent
Avec une baisse des ventes de 20 %, le segment professionnel est devenu un vrai boulet pour les constructeurs. Heureusement, les netbooks, destinés au grand public, leur sauvent la mise !
01net.
le 07/08/2009 à 11h30
Dell a dû connaître de meilleurs moments. Bien positionné sur la vente d'ordinateurs aux entreprises, le constructeur subit de plein fouet le gel des investissements. Et les entreprises ne comptent pas remettre la main à la poche de sitôt. Au contraire, elles ont donné un coup de vis supplémentaire au dernier trimestre, comme le montre le cabinet Gartner.
En France, la baisse des ventes d'ordinateurs professionnels est passée de -9% au premier trimestre 2009 à -20 % au deuxième trimestre (en nombre d'unités). Pour Dell, cela se traduit même par une baisse de -27 % sur cette période, la plus mauvaise performance trimestrielle parmi les grands constructeurs. « On commence à toucher le fond, explique Isabelle Durand, analyste à Gartner. A ma connaissance, il n'y a pas de grands projets d'équipement. Il n'y aura sans doute pas de reprise sur ce segment avant le deuxième semestre 2010. »
Le poste fixe, une espèce en voie de disparition
Face à la crise et à ses incertitudes, les sociétés préfèrent garder leurs équipements et allonger leurs cycles de renouvellement. Les ordinateurs portables s'en sortent un peu mieux (-16 %), car ils ont tendance à remplacer les postes fixes (-24 %), une catégorie que l'on pourrait presque appeler moribonde.
Heureusement pour les constructeurs, le dynamisme du segment grand public – où les ventes ont augmenté de 17 % – a permis de sauver la mise et d'équilibrer la croissance globale du marché à -1,2 % (la première baisse depuis huit ans en France). Le netbook a largement participé à ce rééquilibrage, car il représente près d'un quart des ordinateurs portables vendus dans l'Hexagone, soit 324 000 unités. « Sans le netbook, le marché du PC aurait baissé de 10 % », indique Isabelle Durand.
Dans l'entreprise, les netbooks ne sont pas encore à l'ordre du jour, même si les constructeurs commencent à proposer des offres spécifiques (PME, éducation). Les sociétés intéressées par ces miniportables ont d'ailleurs tout intérêt à temporiser. « Les nouveaux ultraportables équipés de processeurs basse consommation CULV vont avoir une tarification assez proche pour des performances meilleures », souligne Isabelle Durand.