











Après la parution de cet article, la Cnil apporte les précisions suivantes sur le dossier Google Street View. Tout d'abord, comme elle l'indique dans son communiqué, la Commission nationale de l'informatique et des libertés confirme qu'elle a déjà reçu au premier semestre 2009 des dizaines de plaintes (saisines, signalement, alertes) concernant le programme de Google.
« Il y a plusieurs types de signalements, explique Sophie Nerbonne, directrice adjointe des affaires juridiques de la Cnil, mais tous ont en commun d'exprimer une atteinte au droit à la vie privée. Nous avons par exemple eu le cas de ces 22 habitants d'un quartier pavillonnaire qui ont demandé et finalement obtenu que les images de leurs habitations soient retirées de Street View ».
Mais il y a parfois des cas beaucoup plus préoccupants, où les gens s'adressent à la Cnil faute d'avoir obtenu gain de cause du côté de Google. « C'est le cas, tout récemment, de cette famille dont une vue de l'arrière du domicile est disponible sur Google Street View, et ou apparaît également leur fille mineure », poursuit Sophie Nerbonne.
Dans ce cas précis, les personnes visées ont eu beau alerter à plusieurs reprises les services de Google Street View, leur requête est restée lettre morte. L'intervention de la Cnil est en cours et devrait apporter un peu plus de poids au dossier.
Première parution le 10/08/2009
La Cnil garde un oeil sur Google Street View
La Commission qui a reçu des plaintes à propos du programme de cartographie virtuelle de Google, rappelle aux internautes comment exercer leur droit à l'anonymat.
L'an passé, Google démarrait son projet Street View en Europe en arpentant les routes du Tour de France. Cette année, le groupe américain continue sur sa lancée en mobilisant cette fois-ci des tricycles équipés de caméras à Paris, Versailles, Lille, Honfleur et dans bien d'autres villes, avec un nouvel objectif : explorer les parcs, les zones piétonnes et se faufiler dans les ruelles les plus sinueuses.
Mais ce programme ambitieux de numérisation de nos rues suscite parfois l'émoi des riverains, inquiets pour leur vie privée, comme ici aux Etat-Unis, ou là en Angleterre. En la matière, la Cnil (Commission nationale de l'informatique et des libertés) vient de rappeler dans un document en ligne les règles d'usage.
Quid des personnes dont le visage ou le profil est immortalisé par les caméras du programme Street View ? Comme le rappelle la Cnil, elles peuvent exercer leur droit à l'anonymat en envoyant simplement un message dans la rubrique « signaler un problème », mise en place par Google en bas à gauche de la page Street View. Malgré tout, une fois sur le site et malgré les indications fournies par Google, cette manipulation ne se révèle pas toujours très accessible.
De plus, Google a intégré par défaut une technologie de «floutage» pour masquer les visages des personnes et les plaques d'immatriculation des véhicules se trouvant dans la rue le jour où les images sont prises.
Mais pour la Cnil qui veille à la protection des données personnelles, cette solution n'est pas encore fiable à 100 %. « Par exemple, les personnes de profil ou les plaques d'immatriculation visibles à travers un grillage ou de biais ne sont pas toujours détectées et floutées », relève, comme elle le faisait déjà l'an dernier, la Commission qui continue de recevoir des plaintes à propos du programme de Street View.
Malgré tout, à l'invitation de la Cnil, et plus largement du groupe européen de protection des données, Google s'est résolu à effectuer quelques améliorations significatives sur Street View. Tout d'abord, le groupe américain s'engage à prévenir les offices du tourisme des villes visitées par ses tricycles à caméras, et à identifier clairement ses véhicules.
Par ailleurs, Google s'est engagé publiquement en juin 2009, à ne plus conserver indéfiniment les images brutes (c'est-à-dire non « floutées ») collectées dans le cadre de Street View. Sans préciser toutefois, pour le moment, la nouvelle durée de conservation applicable à ces clichés, note la Cnil.
















