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Plus de faux semblant possible, les sociétés de services subissent pleinement les affres de la crise, comme le montrent les résultats financiers qu'elles ont publiés récemment. La première moitié de l'exercice 2009 marque ainsi un net recul de leur activité. La quasi-totalité des SSII enregistrent une baisse de leur chiffre d'affaires. A taux de change et périmètres constants, le repli est de 2,2 % pour Capgemini, de 2,4 % pour Atos Origin et de 2 % pour Logica. Altran dévisse, pour sa part, de 12,3 %.
Les petites et moyennes SSII ne sont pas épargnées. Sodifrance est en décroissance organique de 6,9 %, Proservia de 2,4 %. Et si Devoteam affiche un chiffre d'affaires stable sur l'ensemble du semestre, elle accuse une chute de 4 % sur le deuxième trimestre. Seuls les prestataires spécialisés ou au modèle atypique affichent une croissance positive à l'image de Neurones (+5,6 %), de Micropole Univers (+1 %) ou d'Econocom (+2,2 %).
En dépit de ces mauvais chiffres, les cotations de Cap ou d'Atos se sont envolées en bourse. Non seulement les résultats des deux SSII sont en ligne avec les prévisions des analystes – qui à l'image de UBS relèvent leurs objectifs de cours – mais elles ont su préserver leur marge. Capgemini affiche une marge opérationnelle de 6,6 %, en retrait d'un petit point seulement, tandis qu'Atos Origin la maintient à 4,6 %. Thierry Breton, son PDG, y voit les premiers effets de son programme de réorganisation baptisé TOP.
L'infogérance a aussi joué un rôle stabilisateur. Au sein de Logica, cette activité a crû – en pro forma – de 10 %. Elle représente désormais 36 % du chiffre d'affaires du groupe anglo-néerlandais. Et si l'externalisation a lieu dans les pays à bas coût, c'est encore mieux pour ladite marge. Capgemini a consacré près d'un tiers de sa présentation à vanter les mérites de sa force de frappe offshore. Avec 19 950 salariés en Inde, le numéro un français devrait compter d'ici à la fin de l'année plus de collaborateurs dans le sous-continent que dans l'Hexagone (lire encadré ci-dessous). Tout un symbole !
Quid justement de la fin d'année ? Le plus dur de la crise est-il passé ? Selon l'étude de conjoncture de la Banque de France qui mesure le moral des patrons, la confiance des dirigeants de SSII s'est légèrement améliorée. Alors que l'indice avait atteint -20 en juin, il s'était légèrement redressé à -16 en juillet. Devoteam note, pour sa part, que le secteur financier, qui pèse pour 16 % de son chiffre d'affaires, a touché son point bas au deuxième trimestre. Enfin, en Inde, les résultats meilleurs que prévus des grandes SSII (Infosys, TCS, Wipro) donnent quelques signes avant-coureurs d'un optimisme tempéré.
La reprise, la vraie, ne devrait toutefois pas survenir avant la mi-2010. Quant à l'exercice 2009, il devrait vraisemblablement se terminer dans le rouge. Les prévisions du Syntec informatique du 1er avril 2009, qui tablaient sur une stagnation du marché sur l'ensemble année, semblent aujourd'hui difficilement tenables. Capgemini, l'une des rares SSII à oser des prospectives, anticipe une décrue de 4 à 6 % de son chiffre d'affaires au second semestre. La publication, le 31 août, des résultats semestriels des autres ténors du service (Steria, Sopra, GFI) permettra d'affiner le diagnostic.
Les SSII recrutent toujours. Mais en Inde ! L'AFP s'est fendue d'une dépêche pour rappeler que Capgemini et Steria compteront bientôt plus d'employés en Inde qu'en France.
Deux ans après le rachat de Xansa, Steria devrait franchir ce cap dès cet été. Capgemini a pris du retard. La SSII devrait atteindre ce stade au second semestre et non au premier comme l'avait annoncé Paul Hermelin, son directeur général, lors des résultats annuels. Entre temps, la crise est passée par là. Au 30 juin, les effectifs indiens de Cap s'élevaient à 19 950 salariés, soit 600 de moins que six mois plus tôt. Mais les effectifs onshore ayant, eux, baissé de 2,9 % sur la même période, les courbes finiront par se croiser.
De son côté, Atos Origin compte bien combler son retard. Avec un ratio des effectifs onshore/offshore de « seulement » 15 %, Thierry Breton, son PDG, a fait de l'offshore une de ses priorités.
















