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C'est un beau pavé dans la mare qu'a jeté hier le Financial Times Deutschland. Le quotidien économique explique, selon une source anonyme, que Nokia aurait perdu confiance en Symbian, le système d'exploitation qu'il utilise pour ses terminaux haut de gamme. Dans ce segment, il aurait prévu de s'appuyer de plus en plus sur Maemo, sa plate-forme mobile basée sur Linux. Selon nos confrères allemands, le premier smartphone Nokia basé sur Maemo devrait ainsi sortir dans les toutes prochaines semaines.
Le constructeur finnois n'a pas tardé à diffuser un démenti, que l'on peut lire sur le site du Wall Street Journal. « Concernant le système d'exploitation de nos terminaux, nous restons fortement attaché à notre stratégie actuelle qui est basée sur Symbian OS », explique ainsi la direction, qui justement finalise en parallèle un partenariat avec Microsoft pour porter Office Mobile sur Symbian. Donc tout va bien sur la planète Symbian ?
Malheureusement non. Pendant qu'Apple fait un vrai tabac auprès des développeurs et voit sa logithèque croître de plus en plus, Nokia a bien du mal à rassembler une vraie communauté autour de Symbian, malgré ses efforts de communication et l'ouverture du code source. « Cette plate-forme n'est pas adaptée aux nouveaux téléphones. Quand un développeur veut créer une application, il se tourne d'abord vers l'environnement iPhone, vers Java et, de plus en plus, vers Android. Symbian n'est retenue que pour des cas spécifiques », explique Vincent Berge, PDG de Mobile Distillery, éditeur d'un framework de développement pour applications mobiles.
Avec Symbian, le développement est plus laborieux, car l'architecture logicielle - créée dans les années 90 pour les ordinateurs de poche Psion - commence à dater. C'est aussi une des raisons pour lesquelles Nokia a mis du temps à sortir ses propres écrans tactiles. Par ailleurs, la facilité d'utilisation n'est pas toujours à la hauteur des systèmes d'exploitation plus récents. Certaines fonctions, comme les cartes GPS, sont gratuites sur iPhone et Android, mais payantes sur Nokia/Symbian, créant un frein à l'adoption. « Avec l'iPhone, Apple a réussi à créer un environnement plus commode à la fois pour le développeur et pour l'utilisateur », résume Vincent Berge.
Résultat : sur le segment très porteur des smartphones, Nokia perd des parts de marché. Selon Gartner, la part dans les ventes de terminaux passe de 47,4 % au deuxième trimestre 2008 à 45 % sur la même période en 2009. Alors que la croissance moyenne de ce marché est de 27 % ! Il ne serait donc pas étonnant que Nokia se pose certaines questions et envisage de faire monter en puissance sa plate-forme Maemo, jusqu'alors réduite à la niche des tablettes Internet. En juin, Nokia a signé un partenariat avec Intel qui va dans ce sens.
Quelque que soit la stratégie que Nokia finira pas adopter, une chose est sûre : ce seront finalement les développeurs et les utilisateurs qui décideront du sort de Symbian.
















