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Alors que l'industrie attend toujours avec impatience de savoir comment vont être intégrés Virtual Iron et Sun, rachetés il y a quelques mois, Oracle continue, comme si de rien n'était, à développer son offre de virtualisation Oracle VM. L'éditeur a sorti hier de nouveaux outils qui visent à faciliter le déploiement d'applications préconfigurées, basées sur son hyperviseur.
Oracle VM Template Builder, disponible dès aujourd'hui, est un outil graphique open source qui facilite la création de machines virtuelles prépackagées. Oracle VM Template Builder s'appuie sur JeOS (Just Enough Operating System), cet OS allégé et prêt à l'emploi, idéal pour les appliances virtuelles. Grâce aux scripts JeOS, les développeurs et ISV peuvent développer leurs propres appliances, machines virtuelles contenant les applications préinstallées et préconfigurées, ce qu'Oracle appelle des « templates ».
L'idée d'offrir un outil de développement graphique aux développeurs n'est pas nouvelle. Novell a récemment lancé la version 1.0 de Suse Studio, un outil à la philosophie similaire, permettant de créer des appliances virtuelles basées sur l'hyperviseur de VMware. Selon Oracle, le VM Template Builder peut fabriquer des images dans le format natif Oracle VM (issu de Xen), mais aussi dans le format OVF. Mais sans grande surprise, Oracle ne prévoit pas pour l'instant de supporter d'autres types d'hyperviseurs.
En pratique, Oracle disposait déjà d'une dizaine de templates embarquant ses applications, comme par exemple Oracle Database, Oracle Enterprise Manager et Oracle Fusion Middleware. L'éditeur vient également d'en ajouter un nouveau à son catalogue, Oracle Siebel CRM 8.1.1, également annoncé hier. Il compte certainement sur les développeurs et son « Builder » pour que son portefeuille de templates s'enrichisse rapidement.
Reste à savoir si les entreprises sont séduites par cet hyperviseur. La majorité d'entre elles utilise celui de VMware et n'est pas très enthousiaste à l'idée d'utiliser un nouvel hyperviseur. L'argument d'Oracle est la performance. Selon l'éditeur, sa solution est trois fois plus performante que celle de VMware lorsqu'il s'agit de virtualiser une base de données Oracle. Ces arguments très controversés ont souvent été démontés par VMware, ce dernier assurant être aussi bon, voire meilleur.
Pour les entreprises, la valeur ajoutée est difficile à déceler, d'autant qu'elles ne souhaitent généralement pas avoir deux hyperviseurs, gérés par deux consoles différentes. Autre argument, Oracle pratique une politique de prix très dissuasive, basée sur le nombre de processeurs. Même si la machine virtuelle d'Oracle n'utilise qu'une partie des processeurs physiques disponibles, Oracle facture l'ensemble de la configuration. Par exemple, si une machine virtuelle Oracle VM tourne sur une machine octoprocesseur, Oracle facturera l'ensemble des huit processeurs, même si la machine virtuelle n'en utilise que deux. Gartner, au début de l'année, avait mis en garde les utilisateurs sur ce point.
Mais les choses pourraient bien changer. L'intégration de Virtual Iron et de Sun contribuera certainement à asseoir la réputation d'Oracle dans le domaine de la virtualisation, voire du cloud computing. A l'heure où il est surtout question d'applications hébergées sur le nuage, Oracle pourrait bien avoir une réponse intéressante d'ici peu. Mais pour l'instant, les intentions de l'éditeur sont plus que floues. Personne ne sait encore ce que l'offre Oracle VM 3.0, prévue d'ici à mai 2010, contiendra.
















