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Permabit Technology et Mezeo viennent de proposer une solution de cloud storage – le stockage de données dans les nuages informatiques – en marque blanche et dédiée aux hébergeurs et fournisseurs de cloud. L'alliance entre ces deux start-up américaines n'aurait peut-être pas valu plus que quelques lignes, si ce n'est qu'elle est le premier signe d'une tendance de fond : le cloud storage gagne en maturité et commence à faire fi des écueils que les analystes avaient pointés du doigt il y a quelques mois.
En s'alliant avec Permabit, Mezeo propose en théorie de quoi concurrencer un Amazon S3 ou un EMC Atmos Online. Selon les analystes américains, l'offre serait une des premières du genre alliant un package matériel et logiciel à destination des hébergeurs.
La plate-forme CS 4012 de Permabit est un cluster de stockage composé de grilles (de 144 To de capacité chacune) et de nœuds (jusqu'à 32), offrant une capacité totale de 4,6 Po, facilement administrable depuis une seule console. Le cluster tire parti de la puissance de Xeon quadricœurs et s'appuie sur les systèmes de fichiers NAS CIFS/NFS.
La solution offre plus qu'une commodité de stockage, puisqu'elle est renforcée par des technologies de déduplication, de compression et de protection, comme sa technologie maison Rain EC, qui permet la redondance des nœuds et la réplication des données. Selon Permabit, l'algorithme permet une meilleure protection que le RAID 6. Pour plus de sécurité, les données peuvent aussi être stockées en mode Worm (Write once, read many).
De son côté, Mezeo virtualise le système de fichier CIFS/NFS en utilisant une API basée sur des services Web Rest (Representational State Transfer). La combinaison des deux donne une plate-forme de cloud storage que Mezeo vend en marque blanche. Il semble qu'il y ait encore peu de concurrence sur le marché pour une telle offre.
Cette annonce démontre donc que le cloud storage prend corps. Jusqu'ici de nombreux freins limitaient les initiatives, comme le résume Philippe Boyon, directeur marketing d'Active Circle : « La pérennité du prestataire, les interruptions de service, la confidentialité sont autant de freins qui expliquent les modèles d'adoption actuels, à savoir le cloud storage privé, plutôt que le cloud storage public. »
Les fournisseurs traditionnels de solutions de sauvegarde viennent donc au cloud de préférence en restant cloisonnés dans le datacenter du client, avec à la clé du matériel de stockage banalisé et peu coûteux, une approche service et un outil de virtualisation de stockage. Le type d'offres que propose Active Circle.
L'alliance Mezeo-Permabit, qui sera probablement rejointe par d'autres prochainement, démontre pourtant que le cloud storage « externe » devient viable pour les hébergeurs. « Dans les années qui viennent, le véritable challenge pour les équipes informatiques sera d'apprendre à piloter de manière optimale ces fournisseurs internes et externes pour obtenir le meilleur service au meilleur coût », continue Philippe Boyon.
L'autre challenge sera de savoir classifier et standardiser le cloud storage. La SNIA (Storage Networking Industry Association) a d'ailleurs créé un groupe de travail spécifique, il y a quelques mois, pour développer les meilleures pratiques dans ce domaine. Ce groupe de travail prévoit la réalisation d'un ensemble de spécifications en vue de favoriser l'interopérabilité des différentes plates-formes qui émergeront. La plupart des acteurs du stockage ont rejoint ce groupe de travail.
















