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Déployer une application Java en quelques clics, sans avoir à installer de serveur d'application, de base de données ni de système d'exploitation, sans même disposer d'une machine, c'est désormais possible avec Cloud Foundry, à l'instar d'un Google App Engine. Start-up jusqu'à hier, Cloud Foundry vient d'être acquis par SpringSource qui, dans la foulée, a lancé SpringSource Cloud Foundry.
Un service cloud à priori dédié à Java et à Groovy, langage alternatif mais qui exploite la même plate-forme d'exécution, même si Rod Johnson, PDG de SpringSource, s'en défend : « Nous espérons que la plupart des utilisateurs déploieront des applications Spring ou Grails [frameworks de développement, respectivement pour Java et Groovy, NDLR]. Cela dit, Cloud Foundry n'est pas limité à ce type d'application. »
La valeur ajoutée de Cloud Foundry est avant tout dans son interface d'administration. Celle-ci permet de paramétrer la topologie serveur qui va être déployée sur les machines positionnées dans le cloud. Les architectures préconfigurées vont de l'instance seule aux architectures complexes multi-instances dès lors qu'il s'agit d'assurer haute disponibilité et équilibrage de charges. L'interface donne accès aux paramètres du serveur Apache, à ceux de MySQL, à la base de données qui va éventuellement être embarquée dans les images systèmes, à ceux de TC Server, l'édition entreprise du serveur Java Apache Tomcat mise au point par SpringSource.
On l'a compris, Cloud Foundry exploite à plein les outils de l'éditeur, TC Server bien sûr, mais aussi Hyperic, son logiciel de supervision. Les outils initialement mis au point par Cloud Foundry, les Cloud Tools, complètent le stack SpringSource pour les aspects déploiement, administration et tests d'application Java.
La démonstration en ligne du service est effectivement impressionnante : en quelques écrans, on désigne le fichier war (archive Java) qui contient notre application Groovy on Rails, on définit les accès à la base de données MySQL. L'image système est immédiatement instanciée sur EC2 (l'offre cloud d'Amazon), et l'application Grails est en ligne.
C'est en effet Elastic Cloud 2 (EC2), le service d'exécution en mode cloud du géant américain Amazon, qui joue le rôle d'infrastructure technique pour Cloud Foundry. Ce dernier y déploie ses images systèmes basées sur CentOS, édition gratuite de Red Hat Enterprise Linux.
Ce choix d'EC2 comme plate-forme d'exécution unique est amené à évoluer, comme le souligne Rod Johnson : « La version initiale fonctionne sur l'infrastructure Amazon EC2. En effet, un élément clé de Cloud Foundry est l'abstraction que le service apporte à une telle infrastructure. Le futur Cloud Foundry donnera aux développeurs une même expérience sur le cloud public et sur les clouds privés, donnant ainsi le choix aux organisations. Afin de répondre à un tel besoin, Cloud Foundry fonctionnera aussi sur l'infrastructure VMware vSphere. » Amazon EC2 pour le cloud public et uniquement vSphere pour les serveurs internes : il faudra attendre VMWorld, qui commence le 31 août prochain, pour en savoir plus sur la stratégie cloud de la maison mère de SpringSource et apprendre si, à son tour VMware, va lancer sa propre offre d'hébergement cloud à base de vSphere.
La stratégie d'IBM, concurrent de SpringSource dans le monde Java avec WebSphere, paraît du coup très en retrait. Big Blue a bien édité WebSphere Cloudburst en début d'été. Toutefois, il ne s'agit pas d'un service cloud mais seulement d'images virtuelles de son serveur J2EE. A l'inverse de SpringSource, le géant américain a privilégié une approche de cloud privé plutôt qu'une image EC2.
Ironie de l'histoire, IBM avait choisi de packager WebSphere pour la plate-forme de virtualisation VMware ESX. Un choix logique vu la présence de VMware dans les entreprises. Un choix qui laissait aussi le temps à IBM de mettre au point sa propre offre cloud. La préparation d'une offre Paas à base de WebSphere, qui vient d'être confirmée par Erich Clementi, directeur général des offres cloud chez IBM, sur le blog de Stacey Higginbotham sur GigaOM.
















