Stress au sein d'Orange : « La direction doit s'attaquer aux racines du mal »
La rencontre d'hier avec la direction d'Orange n'a pas convaincu les organisations syndicales du groupe. Elles prévoient une journée d'action le 10 septembre prochain.
01net.
le 26/08/2009 à 17h49
Après l'émotion suscitée par une série de drames survenus au sein du groupe France Télécom-Orange, la direction, dans un communiqué, se dit « pleinement consciente de la nécessité de renforcer la prévention des risques psycho-sociaux ». Elle s'est engagée sur plusieurs points. Par exemple, négocier l'application au sein de tout le groupe des dispositions de l'accord interprofessionnel sur le stress, renforcer les équipes RH « de proximité » et de celles de médecine du travail. Olivier Barberot, le DRH du groupe, a aussi promis de « renforcer la communication interne, le dialogue et la pédagogie autour de l'ensemble de ces sujets ».
De leur côté, les six organisations syndicales se sont réunies ce mercredi 26 août 2009 et restent dubitatives. « Nous sommes très inquiets sur le cadre de cette négociation. La direction va-t-elle s'attaquer à la racine du mal ? Va-t-elle aborder, sans tabou, les vraies causes du malaise des salariés du groupe ? », s'interroge Philippe Meric, délégué syndical Sud.
Une cellule d'écoute a déjà été mise en place, mais des syndicats regrettent qu'elle ne soit pas indépendante. « Il y a de forte chance qu'un salarié tombe sur l'un de ses responsables, raconte Philippe Meric. Du coup, les malades hésitent à se signaler et à se confier. Les personnes qui se sont suicidées dernièrement d'ailleurs n'ont pas eu recours à cette cellule alors qu'elle existait dans leur unité. »
Des responsables RH de proximité
Quant aux autres engagements de la direction, les syndicats attendent de voir leur concrétisation. Faire en sorte qu'il y ait davantage de « RH de proximité » – proche des salariés – est une bonne chose. « Avec les CSRH (des centres d'appels qui gèrent la fonction RH), quand les salariés ont des questions, ils tombent sur une plate-forme téléphonique ; il est quasiment impossible de rencontrer un responsable RH. D'ailleurs, il n'existe qu'un DRH par unité », assure le délégué syndical.
En attendant leur prochaine rencontre avec la direction, dans le cadre du Comité national d'hygiène et de sécurité et des conditions de travail, fixée au 10 septembre prochain, les organisations syndicales se sont entendues pour une journée d'action à cette date. La Fédération Sud a aussi décidé de déposer un préavis de grève, sans attendre, le 31 août prochain, et de rencontrer les autres organisations.