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Réputée résistante aux crises, la SSII Sopra chancelle à son tour. La marge opérationnelle courante du groupe s'établit ainsi à 4,9 %, en net repli par rapport à l'année précédente (7,4 %). Le président de la SSII, Pierre Pasquier, juge néanmoins cette performance « correcte », d'autant que ce semestre est amputé de deux jours de facturation par rapport au semestre de référence de l'année précédente. « Ces deux jours de moins pèsent pour environ 1,5 point sur la marge, précise-t-il. A nombre de jours équivalent, la marge serait aux environ de 6 %. » Comme chez la plupart des autres grandes SSII, l'activité (545 millions d'euros au premier semestre) est aussi en repli, à 4,3 % de décroissance à périmètre et à taux de change constants. Une performance inférieure à celle affichée quelques semaines plus tôt par les ténors du marché, Atos Origin et Capgemini.
Pourtant, le métier d'intégration de systèmes (ou ISS, pour intégration de systèmes et de solutions) a largement limité les dégâts et consolidé ses positions dans l'Hexagone. ISS France progresse ainsi de 2,8 points. La société de services se paie même le luxe d'augmenter ses effectifs de 300 postes net dans l'Hexagone. Incluse dans cette entité, l'externalisation d'applications (TMA) enregistre la meilleure performance avec une « croissance à deux chiffres ».
La société recueille ici les fruits d'une stratégie de rapprochement entamée depuis plusieurs semestres, avec des grands comptes ciblés : EDF, EADS, Thales, le ministère des Finances (projet Chorus), entre autres. Le chiffre d'affaires a, par exemple, été multiplié par trois en trois ans chez EDF, où la société était peu présente par le passé. Dans le secteur bancaire, c'est grâce à son positionnement sur les grands systèmes bancaires de « back-office » (solutions de paiement, de crédit…) que Sopra grignote des parts de marché.
En fait, la société de services est handicapée par ses faiblesses de toujours : le conseil et ses filiales à l'international, qui manquent cruellement de visibilité. L'activité ISS Europe est ainsi en recul de 14 %, faute d'être parvenue à la taille critique et de proposer des offres équivalentes à celles de l'Hexagone. La crise est particulièrement sévère au Royaume-Uni et en Espagne. La SSII compte redresser ces filiales en les mettant en conformité avec les standards métiers du groupe. En complément, la direction n'a pas caché son intention de procéder à une acquisition d'envergure pour renforcer ses positions. Vraisemblablement au sortir de la crise.
Le conseil en management, réuni sous la marque Orga Consultants, déprime également. La discipline, particulièrement sensible aux crises économiques, affiche une chute vertigineuse de 23,1 %. Mais l'hémorragie semble stoppée. Une stabilisation de la marge et de l'activité est attendue au second semestre. Une période d'accalmie que la direction de la SSII entend mettre à profit pour réorganiser cette activité en regroupant conseil en management et partie technologique. Objectif : positionner la société sur les grands projets de transformation.
Reste le cas particulier d'Axway, l'activité d'édition de la SSII. Elle affiche une baisse de revenus de 14 % à périmètre constant. Mais le second semestre, historiquement meilleur que le premier, s'annonce prometteur selon la direction de la SSII.
















