Combat inique contre la 4e licence
SFR, Orange et éventuellement Bouygues Telecom pourraient porter l’affaire de la 4e licence de téléphonie mobile à Bruxelles. Mais les arguments semblent plutôt fallacieux.
01net.
le 01/09/2009 à 18h45
Le ton monte dans la téléphonie mobile. Dans un entretien ce mardi 1er septembre, dans le journal Les Echos, Jean-Bernard Levy, président du directoire de SFR, explique qu'il envisage de porter plainte à Bruxelles pour contester le prix de la quatrième licence mobile. Orange a déjà porté plainte au mois d'août. Quant à Bouygues Telecom, il « envisage toutes les voies de recours », selon Brigitte Laurent, directrice de la communication de Bouygtel que nous avons contactée aujourd'hui par téléphone. Mais pour quelle raison ces respectables maisons ont-elles déclenché leur courroux ? C'est essentiellement le prix des licences qui est ici en cause.
Retour en arrière. Nous sommes en l'an 2000, l'Etat met des fréquences en vente pour un montant de 5 milliards d'euros chacune ! De quoi dégoûter n'importe quel investisseur. D'ailleurs, Martin Bouygues, réputé prudent dans ses investissements, le répète à l'envi : Bouygues ne se lancera pas dans l'aventure du haut-débit mobile à ce prix-là. L'argument finit par faire mouche et le prix des licences passe à 619 millions d'euros.
Un prix moindre pour moins de capacités
Aujourd'hui, la quatrième licence, qui n'avait pas trouvé preneur en 2000, est à vendre pour 240 millions, d'où la colère des trois opérateurs historiques. Seulement, ce que l'histoire politico-médiatique ne dit pas, c'est que cette 4e licence n'est pas un paquet aussi généreux que les précédents. En effet, en regardant de plus près, on constate que SFR, qu'Orange et que Bouygues ont bénéficié au total de 15 Mhz de fréquences dans la bande des 2,1 GHz (dédiée à la 3G), tandis que le futur opérateur n'en obtiendra que 5 Mhz, avec un surplus de 5 MHz dans la bande des 900 MHz (dédiée au GSM et dont la portée est beaucoup plus importante).
Finalement, les opérateurs en place jouent les pleureuses siciliennes à l'enterrement d'un notable alors qu'il apparaît normal que le nouvel entrant ne paie pas le même prix au regard de ce qu'il obtient en contrepartie. L'argument est reconnu notamment par Bouygtel, pour qui « les capacités octroyées au nouvel entrant lui permettront tout de même d'accueillir environ 10 millions d'abonnés », d'après Brigitte Laurent. Certes, mais après avoir pris le temps de construire, à partir de rien, un réseau national, tandis que les trois autres sont installés, et bien installés !